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Les forces pro-Ouattara atteignent Abidjan, combats en ville

LES VIOLENCES EN CÔTE D?IVOIRE

LES VIOLENCES EN CÔTE D?IVOIRE - -

ABIDJAN (Reuters) - Alassane Ouattara a annoncé jeudi que ses forces étaient "aux portes" d'Abidjan après une progression rapide visant à évincer son rival, le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo.

par Tim Cocks et Ange Aboa

ABIDJAN (Reuters) - Alassane Ouattara a annoncé jeudi que ses forces étaient "aux portes" d'Abidjan après une progression rapide visant à évincer son rival, le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo.

Ouattara, considéré par la quasi-totalité de la communauté internationale comme le vainqueur du scrutin présidentiel du 28 novembre, a appelé les derniers partisans de Gbagbo à se rallier à lui pour éviter "de nouvelles souffrances aux populations".

"Aujourd'hui, (les Forces républicaines de Côte d'Ivoire - FRCI) sont aux portes d'Abidjan", a déclaré Ouattara dans une allocution prononcée sur sa chaîne de télévision.

Peu après, des journalistes de Reuters présents sur place ont fait état de tirs d'armes lourdes dans le centre d'Abidjan, où les forces de Gbagbo étaient déployées dans les rues proches du palais présidentiel dans le quartier du Plateau.

Des militaires français se sont déployés en certains points de la ville, notamment pour protéger des ressortissants français attaqués par des partisans de Gbagbo dans le quartier des Deux-Plateaux, a-t-on rapporté de différentes sources.

A Paris, le Quai d'Orsay n'a pas confirmé dans l'immédiat ces agressions présumées. Il a en outre évoqué des patrouilles de l'Onuci, la force des Nations unies, et non un déploiement français. Le ministère de la Défense n'a pas non plus confirmé un tel déploiement de militaires français de la force Licorne.

Dans la nuit, les partisans de Ouattara ont pris le contrôle de San Pedro, port d'exportation du cacao, après s'être rendus maîtres de Yamoussoukro, la capitale administrative du pays.

DÉFECTION DU CHEF D'ÉTAT-MAJOR IVOIRIEN

Autre revers pour Gbagbo, le général Philippe Mangou, chef d'état-major de l'armée, s'est réfugié à la résidence de l'ambassadeur de Pretoria à Abidjan, a annoncé le gouvernement sud-africain.

Ce dernier a démenti des rumeurs selon lesquelles Gbagbo lui-même serait en route pour l'Afrique du Sud. Ces rumeurs ont aussi été démenties par Toussaint Alain, conseiller de Laurent Gbagbo contacté par Reuters à Paris.

Des habitants ont vu jeudi après-midi des combattants pro-Ouattara avancer vers le quartier abidjanais de Cocody, où se trouvent le siège de la télévision nationale et la résidence de Gbagbo. Des hélicoptères de combat de l'Onu survolaient la ville et des véhicules blindés français ont été signalés dans certaines rues du centre, près du palais présidentiel.

Résistant aux pressions de l'Union africaine et des pays occidentaux, Gbagbo refuse de se retirer depuis le scrutin de novembre, dont les résultats validés par l'Onu font apparaître qu'il a été battu de huit points par Ouattara.

Les forces de Ouattara ont déclenché lundi une offensive sur trois fronts vers le sud. Les villes sont tombées entre leurs mains une par une, la plupart du temps sans résistance.

Des habitants de Sassandra, entre San Pedro et Abidjan, ont rapporté que les pro-Ouattara avaient traversé leur ville jeudi. D'autres combattants pro-Ouattara progressent depuis le nord-ouest et le nord-est du pays.

"Je vous demande de vous mettre à la disposition de votre pays et de rejoindre ainsi la légalité. Il est encore temps de rallier vos frères d'armes des Forces républicaines", a déclaré Ouattara jeudi en s'adressant aux forces de Gbagbo.

POUR GUILLAUME SORO, LA PARTIE EST TERMINÉE

Guillaume Soro, Premier ministre du gouvernement formé par Ouattara, a déclaré jeudi à Reuters que Gbagbo ne resterait pas plus de quelques heures au pouvoir et que la partie était terminée.

Soro a aussi affirmé à la chaîne France 24 que "plusieurs généraux" pro-Gbagbo avaient rejoint le camp du président élu et que les pro-Ouattara donnaient "la possibilité au maximum de gens de faire des ralliements" pendant quelques heures.

Des diplomates ont indiqué jeudi que les sanctions de l'Union européenne contre le gouvernement de Gbagbo, qui comprennent un embargo sur les livraisons de cacao à partir de San Pedro, resteraient en place et que si des exemptions étaient envisagées, leur application prendrait de quatre à cinq jours.

Si Gbagbo est en mesure de résister aux forces de son rival, les pro-Ouattara risquent de s'enliser dans des combats de rue sanglants à Abidjan, où l'armée recrute parmi les jeunes partisans de Gbagbo.

A New York, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté cette nuit une résolution rédigée par la France qui impose de nouvelles sanctions à Gbagbo et à son entourage.

Avec Gérard Bon à Paris, Philippe Bas-Rabérin pour le service français