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Les forces kadhafistes chassent les insurgés de Brega

Après Ras Lanouf (photo) la veille, les insurgés anti-kadhafistes ont évacué dimanche la ville pétrolière stratégique de Brega.

Après Ras Lanouf (photo) la veille, les insurgés anti-kadhafistes ont évacué dimanche la ville pétrolière stratégique de Brega. - -

Après Ras Lanouf la veille, les insurgés anti-kadhafistes ont évacué dimanche la ville pétrolière stratégique de Brega, sur le golfe de Syrte, après un violent bombardement des troupes gouvernementales qui ont fait sauter ainsi un nouveau verrou sur la route de Benghazi.

"Les rebelles ont quitté Brega. La ville a été évacuée", a déclaré par téléphone à Reuters un habitant de Brega, Oussama Djazouine, un anesthésiste de 33 ans. "Le bombardement a commencé vers 10h30 (08h30 GMT) sur l'entrée principale de la ville."

Un autre habitant de la ville, Abdoul Hakim, a confirmé que les combattants insurgés avaient quitté la localité.

La télévision publique libyenne, citant une source militaire, a annoncé que les rebelles étaient en retraite et que Brega avait été "nettoyée des bandes armées".

Dans la ville voisine d'Ajdabiah, les insurgés qui demandent l'aide internationale pour neutraliser l'aviation loyaliste semblent démoralisés.

"Dans une demi-heure, peut-être, leurs roquettes peuvent nous tomber dessus", se lamente un combattant rebelle, Massoud Bouissir, à l'entrée ouest de la ville.

"Le soulèvement, c'est fini...", dit un autre, Nabil Tidjouri, qui a perdu son fusil-mitrailleur dans les combats. "Hier ils étaient à Ras Lanouf, aujourd'hui ils sont à Brega, après-demain ils seront à Benghazi."

"Obama, envoie-nous tes 'marines' pour nous débarrasser de Kadhafi et tu auras tout le pétrole que tu veux", lance un autre insurgé, Younis.

"IL FAUDRA QUE KADHAFI NOUS TUE TOUS !"

Un officier rebelle ne cache pas sa colère. "Tout part dans tous les sens ! Il n'y a personne aux commandes, tout cela me rend fou", dit-il.

"Le peuple libyen a besoin d'aide. Nous sommes en danger. Tout l'est du pays est en danger", affirme Abdel Hadi Omar, un volontaire d'Ajdabiah. "Le peuple ne peut pas affronter les armes de Kadhafi. Nous avons du monde mais pas de moyens."

De nombreux habitants de Brega ont fui la ville à l'annonce de la progression des forces gouvernementales.

Dans les faubourgs, des groupes rebelles avaient tenté d'organiser la résistance autour des terminaux pétroliers, dans cette zone désertique propice aux interventions de l'aviation contre tout regroupement suspect.

Le correspondant de Reuters sur place a noté que peu de forces rebelles étaient visibles sur la route côtière qui mène à Benghazi, capitale de la rétive Cyrénaïque, deuxième ville du pays et fief des insurgés.

Dans la boutique d'un coiffeur de Brega, une affiche célébrant le soulèvement contre Kadhafi a été vite remplacée par un poster représentant le "Guide", au pouvoir depuis le coup d'Etat des "officiers libres" qui a renversé la monarchie en 1969.

Plusieurs clients disent qu'ils sont prêts à faire bonne figure face aux forces gouvernementales, moins par conviction que pour s'éviter des ennuis.

Mais Ali Zoueï, 41 ans, ne veut pas acclamer les soldats kadhafistes quand ils entreront dans la ville. "Ce sont des gens sans principes. Comment peut-on saluer des gens qui vous écrasent sous les bombes ?"

Malgré les revers, certains rebelles ne veulent pas rendre les armes. "Peu importe combien de temps cela prendra, cinq ans, dix ans... On a ouvert une voie", dit Bachir Ouarchfani, 30 ans, tenue militaire et keffieh sur la tête, blessé dans les derniers combats.

"Si je suis tué, mon frère prendra ma place. S'il meurt à son tour, mon voisin viendra. Kadhafi ne tiendra ce pays que s'il nous tue tous !"