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Les dirigeants des deux Corées au Mont Paektu pour une démonstration d'unité

Les leaders sud-coréen Moon Jae-in (gauche) et nord-coréen Kim Jong Un à Pyongyang le 19 septembre 2018

Les leaders sud-coréen Moon Jae-in (gauche) et nord-coréen Kim Jong Un à Pyongyang le 19 septembre 2018 - -, Pyeongyang Press Corps/AFP

Au terme d'un sommet intercoréen de trois jours, Kim Jong-un et Moon Jae-in ont pris ce jeudi la route pour le Mont Paektu, berceau de la Corée selon la tradition.

Kim Jong Un et Moon Jae-in se rendaient jeudi dans le berceau spirituel de la nation coréenne pour une démonstration d'unité après le nouveau souffle donné par le sommet intercoréen aux négociations entre Pyongyang et Washington. 

Montagne sacrée 

Jeudi, Moon et Kim ont emprunté des vols séparés au départ de Pyongyang pour Samjiyon, un aéroport proche du Mont Paektu, selon les informations d'un pool de journalistes. Les deux dirigeants ont ensuite pris une voiture pour gagner le Mont Paektu, à la frontière avec la Chine, a expliqué à la presse un porte-parole de la présidence sud-coréenne. La montagne haute de 2.744 mètres est considérée comme sacrée par tous les Coréens car elle est réputée être le lieu de naissance de Dangun, fondateur légendaire du royaume coréen.

Après leur excursion, Moon Jae-in devait prendre un vol direct pour Séoul, concluant trois jours de sommet, selon son porte-parole. Un tweet proclamant: "Photo commémorative prise au sommet, montagne Paekdu", a immortalisé cette fraternisation au sommet. 

Relance des négociations 

Le dirigeant nord-coréen a accepté mercredi de fermer le site de tests de moteurs de missile et le pas de tirs de Tongchang-ri en présence d'experts internationaux. Une annonce que les Etats-Unis ont saluée en se disant prêts à des discussions immédiates visant à dénucléariser la Corée du Nord d'ici trois ans. Pyongyang a également évoqué la fermeture de son complexe nucléaire de Yongbyon si Washington prenait "des mesures correspondantes".

Il s'agit d'une condition importante mais cette déclaration signée à l'issue du troisième sommet intercoréen en six mois a apparemment suffi à débloquer le processus de discussions nucléaires avec Washington qui patinait depuis des semaines.

Le président américain Donald Trump a salué des "progrès extraordinaires". Son secrétaire d'Etat Mike Pompeo a expliqué avoir parlé à son homologue nord-coréen Ri Yong Ho et l'avoir invité à le rencontrer en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York la semaine prochaine.

Rapprochements 

Les discussions étaient au point mort depuis le sommet historique du 12 juin à Singapour entre Kim Jong-un et Donald Trump, quand le Nord-Coréen avait réitéré l'engagement de son pays en faveur de la dénucléarisation de la péninsule. Depuis lors, Washington et Pyongyang s'écharpaient sur le sens à donner à cette terminologie, les Etats-Unis évoquant avec persistance la dénucléarisation de la seule Corée du Nord.

Pour leur part, Séoul comme Pyongyang avaient à cœur de resserrer leurs liens, Kim Jong-un pour faire profiter son pays de la puissance économique du Sud, Moon Jae-in pour éloigner de la péninsule le spectre d'un dévastateur conflit intercoréen.

Le dirigeant nord-coréen doit ainsi se rendre à Séoul. La visite, qui pourrait intervenir cette année, serait la première d'un dirigeant du Nord dans la capitale sud-coréenne depuis la fin de la guerre (1950-53) qui s'est achevée sur un armistice et non un traité de paix. Les deux dirigeants ont par ailleurs annoncé leur volonté de faire acte de candidature commune à l'organisation des jeux Olympiques de 2032. Ils ont également promis l'organisation régulière de réunions de familles divisées par la guerre ou un effort pour connecter leurs réseaux routiers et ferrés.

Les sommets inter-coréens
Les sommets inter-coréens © John SAEKI, AFP
R.V. avec AFP