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Le suspect de l'attentat avorté de Times Square inculpé

Photo non datée de Faisal Shahzad. L'Américain d'origine pakistanaise arrêté dans l'enquête sur l'attentat avorté de Times Square a été inculpé de cinq chefs d'accusation par un tribunal de Manhattan, dont celui de tentative d'utilisation d'une arme de de

Photo non datée de Faisal Shahzad. L'Américain d'origine pakistanaise arrêté dans l'enquête sur l'attentat avorté de Times Square a été inculpé de cinq chefs d'accusation par un tribunal de Manhattan, dont celui de tentative d'utilisation d'une arme de de - -

par Daniel Trotta et Zeeshan Haider NEW YORK/ISLAMABAD - L'Américain d'origine pakistanaise arrêté dans l'enquête sur l'attentat avorté de Times...

par Daniel Trotta et Zeeshan Haider

NEW YORK/ISLAMABAD (Reuters) - L'Américain d'origine pakistanaise arrêté dans l'enquête sur l'attentat avorté de Times Square a été inculpé de cinq chefs d'accusation par un tribunal de Manhattan, dont celui de tentative d'utilisation d'une arme de destruction massive.

Faisal Shahzad, âgé de 30 ans, a avoué avoir suivi une formation à la confection de bombes, au Waziristan, région montagneuse du Pakistan limitrophe de l'Afghanistan, ont déclaré les procureurs.

Il a avoué avoir tenté de faire exploser les charges déposées dans un véhicule tout-terrain samedi soir à Times Square, au coeur de New York, lit-on dans les documents communiqués mardi par la justice.

Selon Eric Holder, secrétaire américain à la Justice, la voiture piégée de Times Square participait bel et bien d'un "complot terroriste". "Il s'est agi d'un complot terroriste visant à tuer des Américains dans l'un des lieux les plus fréquentés du pays", a estimé l'"attorney general".

Faisal Shahzad, interpellé lundi soir à l'aéroport JFK de New York alors qu'il était en partance pour Dubaï, affirme n'avoir aucun lien avec des groupes extrémistes de son pays d'origine et avoir agi seul.

Mais selon un responsable du renseignement pakistanais, Shahzad a suivi une formation dans un camp d'entraînement du nord-ouest du Pakistan, près de la ville de garnison de Kohat. Les environs de Kohat sont tenus par Tariq Afridi, principal commandant des taliban pakistanais dans le secteur.

La police pakistanaise a arrêté mardi un nombre indéterminé de membres de la famille de Shahzad. On croit savoir de source américaine proche de l'enquête que Shahzad est de souche cachemirie, et au Pakistan, les autorités indiquent qu'il est natif de Pabbi, une petite ville au nord-ouest d'Islamabad, non loin de Peshawar.

On commence à en savoir un peu plus sur cet homme: il a vu son passeport pakistanais renouvelé pour la dernière fois en mars 2000. En 2005, il a formulé une demande de "carte verte" de résident permanent aux Etats-Unis et a été naturalisé l'année dernière. Depuis qu'il habite aux Etats-Unis, il a vécu le plus souvent dans le Connecticut, à New York et dans le New Jersey, déclare-t-on de source autorisée pakistanaise.

LE PAKISTAN PROMET SON AIDE

Trois années durant, jusqu'en juin 2009, il a travaillé comme analyste financier de rang subalterne à Norwalk dans le Connecticut, au sein du groupe Affinion, une société de consultant en marketing.

Shahzad a effectué récemment un séjour de cinq mois au Pakistan, dont il est revenu en février, selon les forces de l'ordre américaines. C'est lui qui est soupçonné d'avoir acheté le véhicule tout-terrain Nissan qui aurait dû exploser à Times Square.

Le FBI a déclaré mardi avoir perquisitionné à son domicile, à Bridgeport dans le Connecticut, mais n'a pas dit si des éléments intéressants y avaient été découverts.

"Il a reconnu avoir acheté le 4X4, avoir assemblé les engins, les avoir installés dans le véhicule, avoir laissé le véhicule (à Times Square) et avoir quitté les lieux", dit-on de source judiciaire. "Il a reconnu toutes les charges", ajoute-t-on.

Le président Barack Obama a déclaré que l'enquête s'efforcerait de déterminer si Shahzad était lié ou non à des groupes extrémistes étrangers. "Justice sera faite", a-t-il ajouté, en assurant que les Etats-Unis ne se laisseraient pas intimider.

Le Pakistan a promis d'apporter son aide aux enquêteurs américains. L'ambassadrice des Etats-Unis au Pakistan, Anne W. Patterson, a été reçue par le ministre des Affaires étrangères pakistanais Shah Mehmood Qureshi et son homologue de l'Intérieur, avec qui elle a évoqué l'enquête.

Les taliban pakistanais ont revendiqué dimanche la tentative d'attentat en disant vouloir venger la mort, le mois dernier, de deux dirigeants d'al Qaïda en Irak ainsi que l'ingérence des Etats-Unis dans des pays musulmans.

Certains responsables se disent sceptiques face à cette revendication. Mais Bruce Riedel, ancien analyste de la CIA, estime qu'il ne faut pas rejeter un possible rôle des taliban.

Le Pakistan est un allié des Etats-Unis et d'autres pays de l'Otan dans la lutte contre les taliban en Afghanistan, mais il est aussi considéré comme un terrain d'entraînement pour des activistes islamistes.

Un autre attentat avait déjà été déjoué il y a neuf mois dans le métro de New York. Un immigrant afghan, Najibullah Zazi, a plaidé coupable d'avoir voulu y organiser une série d'attentats suicides. Il a reconnu avoir été entraîné par al Qaïda au Pakistan.

Avec Michelle Nichols à New York, William Maclean à Londres, et la rédaction de Washington, Nicole Dupont et Eric Faye pour le service français