BFMTV

Le Kremlin publie une mauvaise traduction des propos d'Emmanuel Macron sur les gilets jaunes

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine au fort de Brégançon.

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine au fort de Brégançon. - GERARD JULIEN / AFP / POOL

Le verbatim de la conférence de presse tenue en commun lundi au fort de Brégançon par Emmanuel Macron et Vladimir Poutine publié par Moscou n'était pas tout à fait fidèle à la version originale, comme l'a remarqué Le Parisien. L'erreur a depuis été corrigée.

Simple erreur ou "manipulation", comme l'évoque Le Parisien ? Dans le verbatim en anglais et en russe de la rencontre entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron organisée lundi au fort de Brégançon, le Kremlin a publié une version erronée d'une réponse du président français sur les gilets jaunes, a noté le correspondant à Moscou du journal.

Avant que la page internet ne rétablisse mercredi après-midi la version effectivement prononcée par le président français, elle lui prêtait dans un premier temps cette saillie: "Comme vous le savez, ces gens (les gilets jaunes, NDLR) qui voulaient présenter des candidats durant la campagne des Européennes n'ont pas pu le faire ni agir librement sans obstacle".

Emmanuel Macron avait en réalité affirmé exactement le contraire: "Ceux qu'on appelle les gilets jaunes sont allés librement aux élections européennes et iront aux municipales."

Déjà un précédent lundi en direct

Le journal francilien observe de surcroît qu'un passage consécutif de la réplique du président de la République a été purement et simplement supprimé: "Et c'est très bien comme cela et je souhaite qu'ils s'expriment librement aux élections parce que cela réduit la conflictualité. Parce qu'on est un pays où les gens peuvent s'exprimer librement, manifester librement."

Ce n'est pas la seule erreur de traduction de cette rencontre. Mardi, on apprenait que l'interprète, appointée par la Russie, avait pour le moins minimisé certains propos tenus par le patron du Kremlin sur le bilan humain de la gestion des gilets jaunes par le pouvoir français. Elle évoquait seulement des personnes blessées, quand Vladimir Poutine parlait lui de "onze personnes tuées" durant la crise.

Cette échange et ces erreurs de traductions interviennent au moment où Vladimir Poutine fait lui-même face actuellement à un mouvement de contestation dans son pays. Des manifestations d'ampleur sont organisées à Moscou depuis plusieurs semaines pour dénoncer l'annulation d'une soixantaine de candidatures indépendantes aux élections locales du 8 septembre prochain. 

Robin Verner