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Le Japon lutte dans l'urgence face au risque nucléaire

Un hélicoptère jette de l'eau sur les réacteurs de la centrale Fukushima. Les autorités japonaises ont poursuivi jeudi, avec à peine plus de succès que la veille, leurs tentatives de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima, sous l'oeil de pl

Un hélicoptère jette de l'eau sur les réacteurs de la centrale Fukushima. Les autorités japonaises ont poursuivi jeudi, avec à peine plus de succès que la veille, leurs tentatives de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima, sous l'oeil de pl - -

par Linda Sieg et Chisa Fujioka TOKYO (Reuters) - Les autorités japonaises ont poursuivi jeudi, avec à peine plus de succès que la veille, leurs...

par Linda Sieg et Chisa Fujioka

TOKYO (Reuters) - Les autorités japonaises ont poursuivi jeudi, avec à peine plus de succès que la veille, leurs tentatives de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima, sous l'oeil de plus en plus inquiet de la communauté internationale face aux conséquences du séisme et du tsunami survenus vendredi.

Des hélicoptères militaires ont largué environ 30 tonnes d'eau sur le seul réacteur 3, qualifié de "priorité" par l'exploitant de la centrale, Tepco, car il est le seul à utiliser du plutonium, plus dangereux pour la santé humaine que l'uranium.

Une première tentative avait échoué mercredi en raison de la forte radioactivité au-dessus de ce réacteur, dont le toit et le système de refroidissement ont été endommagés par une explosion.

Jeudi, deux des quatre largages semblent avoir atteint leur but et ces opérations se poursuivront vendredi, a déclaré l'agence japonaise de sûreté nucléaire.

Des bulldozers ont en outre tenté de dégager une voie d'accès pour des camions citernes afin de leur permettre d'asperger le site.

Une équipe a dû provisoirement suspendre ses opérations d'arrosage au canon à eau en raison de la forte radioactivité, a rapporté la télévision publique NHK. Une autre équipe a ensuite pris le relais.

Des ingénieurs tentent de rétablir l'électricité dans la centrale, coupée depuis le séisme et le tsunami, pour faire fonctionner les pompes nécessaires au refroidissement des réacteurs 3 et 4 et de leurs piscines de stockage du combustible usagé.

ÉLECTRICITÉ RÉTABLIE VENDREDI?

Tepco pense que l'électricité sera rétablie vendredi au plus tôt dans cette centrale située à 240 km au nord de Tokyo et endommagée par une série d'explosions.

La baisse du niveau d'eau dans ces piscines de refroidissement est la principale source d'inquiétude actuelle car, si elles ne sont pas suffisamment immergées, les barres de combustible usagé provoquent des rejets radioactifs dans l'atmosphère.

Le combustible dans les réacteurs est en revanche censé être protégé par une enceinte de confinement.

Gregory Jaczo, président de l'Autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC), a déclaré mercredi que la piscine du réacteur 4 pouvait être à sec et que celle du réacteur 3 fuyait.

L'agence japonaise de sûreté nucléaire n'a pas été en mesure de dire si de l'eau recouvrait toujours les barres de combustible usagé.

La piscine du réacteur 4 reste une source de "grave préoccupation", a-t-elle dit.

Dans la centrale, des employés vêtus de combinaisons de protection tentent de surveiller l'évolution de la situation. Ils effectuent des missions de courte durée afin de minimiser leur exposition aux radiations.

La communauté internationale, avec les Etats-Unis au premier rang, exprime son inquiétude face à la situation tout en évitant de critiquer ouvertement le gouvernement japonais, que certains jugent dépassé par les événements.

D'après Thierry Charles, directeur de la sûreté de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), les rejets radioactifs au Japon représentent environ un dixième de ceux de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986.

DES CENTAINES DE MILLIERS DE SANS-ABRI

De nombreux pays ont conseillé à leurs ressortissants de s'éloigner de la zone à risque et certains, comme la France, facilitent les départs du Japon.

A Tokyo, de nombreux habitants restent cloîtrés chez eux et constituent des réserves de nourriture.

La radioactivité dans la capitale japonaise n'a pas dépassé 0,809 microsievert par heure, cette semaine, soit dix fois moins que ce qu'un patient subi lors d'une radiographie dentaire.

Le gouvernement a mis en garde jeudi contre un risque de vaste panne d'électricité à Tokyo. Cette menace a finalement été écartée car la consommation d'électricité n'a pas augmenté.

Les craintes d'une catastrophe nucléaire ne doivent pas faire oublier l'urgence sanitaire dans laquelle se trouvent les rescapés du séisme et du tsunami dans le nord du pays, rappellent des observateurs.

Des centaines de milliers de personnes restent sans abri et leur situation s'est dégradée avec le froid et la neige qui se sont abattus sur les zones les plus durement touchées par la double catastrophe naturelle.

Les réserves d'eau et de fioul sont faibles dans certains centres d'accueil, où les rescapés patientent sous des couvertures.

Environ 850.000 foyers sont toujours privés d'électricité dans le nord du pays alors que les températures sont hivernales et 1,5 million de foyers n'ont plus l'eau courante.

"Il fait froid aujourd'hui et de nombreuses personnes tombent malades, souffrent de diarrhée et d'autres symptômes", a dit Takanori Watanabe, un médecin de la Croix-Rouge à Otsuchi, une ville côtière dont plus de la moitié des 17.000 habitants sont portés disparus.

Le bilan du séisme du 11 mars a été porté à 4.314 morts et 8.606 disparus.

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 se réuniront par téléconférence ce jeudi soir pour évoquer la situation au Japon après le séisme.

A la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei a fini en baisse de 1,44% jeudi.

Marine Pennetier et Bertrand Boucey pour le service français

REUTERS