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Le directeur de campagne de Donald Trump soupçonné d'avoir touché 12,7 millions d'euros en Ukraine

Paul Manafort à Cleveland le 17 juillet 2016.

Paul Manafort à Cleveland le 17 juillet 2016. - WIN MCNAMEE - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Paul Manafort est une éminence grise bien connue des campagnes du Parti républicain aux Etats-Unis. Il dirige aujourd'hui l'équipe de Donald Trump. Mais dans une enquête publiée par le New York Times il est soupçonné d'avoir perçu de troubles (et importants) revenus lorsqu'il était consultant du pouvoir ukrainien.

Dans l’entourage de Donald Trump, une polémique chasse l’autre. Après quinze jours mouvementés, voilà que Paul Manafort, son directeur de campagne, est soupçonné d’avoir reçu 12,7 millions en liquide entre 2007 et 2012 en provenance du Parti des régions, la formation de l’ancien président ukrainien pro-russe Viktor Yanoukovytch selon une enquête du New York Times.

Un vétéran de la politique américaine, doublé d'un mercenaire de la communication politique

Paul Manafort n’est pas un inconnu pour les observateurs de la scène politique américaine. Avant de conseiller Donald Trump, cet homme aujourd’hui âgé de 67 ans a participé à la campagne de Gerald Ford ou encore Ronald Reagan, ainsi que de George Bush (père) et Bob Dole (rival républicain malheureux de Bill Clinton en 1996).

Mais ce n’est pas son passé de conseiller aux Etats-Unis qui lui vaut de revenir sous les feux médiatiques mais sa carrière de consultant à l’étranger. Après avoir notamment été consultant auprès de Ferdinand Marcos, alors président des Philippines, Paul Manafort a exercé ses activités en Ukraine pour le compte de l’équipe de Viktor Ianoukovytch qui devient président du pays en 2010.

Des soupçons de corruption étayés mais toujours incertains

C’est en poursuivant ses investigations sur un possible réseau de financements secrets visant notamment à supporter le train de vie dispendieux des proches du pouvoir et à influencer des élections que le Bureau national anti-corruption ukrainien est tombé sur le nom de Paul Manafort.

Celui-ci se trouvait à 22 reprises dans un registre de comptabilité conservé au troisième étage de l’ancien quartier général du Parti des régions à Kiev. Le livre renferme les noms de bénéficiaires de sorties d’argent issues des caisses du mouvement politique.

C’est en additionnant les sommes associées à Paul Manafort que les enquêteurs ont établi que, selon ces chiffres, l’actuel directeur de campagne de Donald Trump est censé avoir perçu 12,7 millions de dollars pour des motifs opaques entre 2007 et 2012. "Censé" car pour le moment le fait que Manafort ait réellement reçu ces millions est incertain. D’une part, la signature apposée à côté des sommes n’a pas encore été vérifiée et de l'autre, aucun recoupement n’a encore pu être fait avec des mouvements bancaires.

Manafort nie en bloc

Une autre partie des occupations ukrainiennes de Paul Manafort intéresse les services locaux. Le fond d’investissement Pericles Emergency Market, qu’il a lancé en 2007, est soupçonné d’avoir opéré au sein d’un vaste réseau de compagnies offshore chargé de blanchir ressources et argent public détournés au préalable.

L’enquête va donc filer ces différentes pistes. A noter que le Bureau national anti-corruption ukrainien est financé par son gouvernement au titre de programmes mis en place par l’Union européenne et les Etats-Unis. Il est aussi tenu de partager les éléments qu’il collecte avec le FBI.

Paul Manafort a nié les faits allégués par le New York Times dans un communiqué: "Une fois de plus, le New York Times a choisi d'ignorer délibérément les faits et le journalisme professionnel pour promouvoir leur agenda politique, en choisissant d'attaquer ma personne et ma réputation plutôt qu'en présentant un récit honnête."

R.V