BFMTV

Le Burkina Faso en deuil après l'attaque jihadiste qui a fait 42 morts, la plus meurtrière depuis 5 ans

Photo d'illustration d'un soldat de l'armée burkinabée

Photo d'illustration d'un soldat de l'armée burkinabée - Michele Cattani - AFP

Le président burkinabé a décrété un deuil national de 48 heures. L'attaque "de groupes extrémistes", survenue la veille de Noël, a été largement condamnée à l'international.

Une attaque jihadiste a fait 42 morts dans le nord du Burkina Faso la veille de Noël. Il s'agit du pire attentat dans le pays depuis cinq ans, suscitant de nombreux messages de solidarité, entre autres du pape François et de l'ONU.

31 femmes tuées 

Trente-cinq civils, dont 31 femmes, et sept militaires (quatre soldats et trois gendarmes) ont été tués dans cette attaque armée non revendiquée, menée mardi à Arbinda, près de la frontière malienne, qui a visé à la fois le détachement militaire et la population civile. Six civils et une vingtaine de soldats ont par ailleurs été blessés, a précisé le ministre de la communication Remis Dandjinou.

Mercredi soir, des sources sécuritaires ont rapporté qu'une nouvelle attaque s'est produite dans la même région, à une soixantaine de kilomètres, une embuscade dans laquelle "une dizaine de militaires" ont péri.

"Une patrouille du détachement militaire de Namssiguia a été attaquée dans la nuit de mardi à mercredi" et "une dizaine de militaires ont été tués dans cette embuscade qui a eu lieu à Hallalé", localité située près de Tongomael, dans la province du Soum, selon une source sécuritaire.

80 terroristes tués

À Arbinda mardi, la riposte militaire a permis de tuer "80 terroristes", selon l'état-major des armées burkinabè, et de saisir aux jihadistes en fuite "une centaine de motos, de l'armement et des munitions en grande quantité".

Cette attaque a été menée "aux environs de 6 heures du matin par plus de 200 individus lourdement armés, à bord de pick-up et de motocyclettes. Les échanges de tirs ont été vraiment intenses et ont duré près de trois heures. C'est le soutien aérien qui a permis de repousser l'attaque", a expliqué une source sécuritaire.

"Pendant que le détachement (militaire) essuyait des tirs nourris, un autre groupe d'individus armés s'en est pris aux populations civiles, majoritairement des femmes, dont des personnes déplacées qui avaient trouvé refuge à Arbinda", a précisé une autre source sécuritaire.

48 heures de deuil national

La commune rurale d'Arbinda, située à 90 km de Djibo, chef-lieu de la province du Soum, et sa région ont régulièrement été frappées cette année par des attaques jihadistes, visant aussi bien les civils que les forces de l'ordre.

Le président Kaboré a décrété 48 heures de deuil national, mercredi et jeudi, en hommage aux victimes de l'attaque, la pire qu'a connue le Burkina depuis le début des violences jihadistes il y a cinq ans. Ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest est confronté à une multiplication des attaques jihadistes, comme ses voisins sahéliens le Mali et le Niger, et ne parvient pas à enrayer la spirale de violences. 

Le pays a reçu de nombreux messages de soutien, dont celui du Pape. François a dénoncé dans son traditionnel message de Noël les agissements "des groupes extrémistes sur le continent africain, surtout au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria".

Le "terrorisme rampant qui nous menace tous"

Le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres "condamne fermement l'attaque perpétrée le 24 décembre par des individus armés non identifiés à Arbinda" et "transmet la solidarité des Nations Unies au peuple burkinabé", a-t-il indiqué dans un communiqué.

"Inates au Niger hier, Arbinda au Burkina Faso aujourd'hui... Villes martyres, victimes d'un terrorisme rampant qui nous menace tous. L'Union européenne est aux côtés de l'Afrique dans son combat contre le terrorisme", a tweeté le président du Conseil européen Charles Michel.

Depuis 2015, les attaques jihadistes au Burkina ont fait près de 750 morts, selon un décompte de l'AFP, et environ 560.000 déplacés et réfugiés, d'après l'ONU. Le Nord et l'Est du pays sont particulièrement touchés. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

E.P avec AFP