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"La France porte le deuil de cette attaque": l'hommage de Castex aux six Français tués au Niger

Ce vendredi matin, un avion transportant les dépouilles des victimes françaises, Myriam, Stella, Nadifa, Charline, Antonin et Léo, a atterri à l'aéroport d'Orly, près de Paris, en provenance de Niamey.

Le Premier ministre Jean Castex a présidé ce vendredi après-midi une cérémonie nationale d'hommage aux six jeunes Français tués dimanche lors d'une attaque au Niger, après l'arrivée de leurs dépouilles en France. Un avion transportant les corps de Myriam, Stella, Nadifa, Charline, Antonin et Léo a atterri dans la matinée à l'aéroport d'Orly, près de Paris, en provenance de Niamey.

Il a rencontré au pavillon d'honneur de l'aéroport à 15h30 les familles avant de présider la cérémonie d'hommage qui s'est déroulée à 16 heures dans l'intimité, sans la présence des médias. Eric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux, et Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé notamment des Français de l'étranger, l'ont accompagné.

"La France toute entière porte le deuil de cette attaque. Chaque compatriote a ressenti au fond de son coeur le coup terrible qui vous a été porté. Nos compatriotes ont instinctivement compris que les victimes de cet attentat étaient venus au Niger pour y faire le bien et qu'elles y ont rencontré le mal", a déclaré avec émotion le Premier ministre.

Un crime odieux qui "a tout d'une attaque terroriste"

Le chef du gouvernement a assuré ensuite que "cette incarnation du mal, la France ne la connait malheureusement que trop car elle l'a déjà vu de près". Ajoutant qu'à chaque fois, "le mal a pris des noms et des visages différents, mais il poursuit toujours les mêmes victimes, avec le même acharnement aveugle et dans le même but: frapper des innoncents pour nous atteindre dans nos convictions et dans nos valeurs, autant que dans nos modes de vie pour y semer la terreur et la mort".

Il a souligné qu'il s'agit "vraisemblablement" de la "même haine, la même lâcheté, la même, humanité qui était à l'oeuvre au Niger et au Bataclan". Bien que l'Etat n'est "pas encore en mesure de mettre un nom sur l'organisation qui est derrière ce crime odieux", il a "tout d'une attaque terroriste". "Terroriste au regard de la zone concernée et du mode opératoire", a-t-il précisé.

"Leur engagement pour la cause humanitaire était total"

Le Premier ministre a rendu hommage avec émotion à "ces enfants" qui "pourraient être les [siens]". "Ils avaient entre 25 et 31 ans, ils étaient jeunes, généreux et brillants", a-t-il ajouté avant de rappeler "avec force" que "contrairement à ce qui a été dit ici ou là, les victimes n’étaient pas au parc de Kouré comme des touristes en week-end". "Si cette excursion avait été organisée un dimanche c'est pour la simple et bonne raison que le reste de la semaine, ces gens travaillaient à Niamé et que pour servir un pays, il faut bien le connaître", a-t-il précisé.

"Leur engagement pour la cause humanitaire était total. Ils étaient venus apporter leur soutien à l'association Acted et à Impact qui font sur place, comme ailleurs dans le monde, un travail remarquable dans le seul but de venir en aide à ceux que la violence, les déplacements de population forcés, les catastrophes naturelles ou la pauvreté endémique privent de tout. Il étaient venus au Niger pour leur apporter l'essentiel et même le nécessaire", a souligné Jean Castex.

Les ONG et l'ensemble des associations humanitaires "doivent pouvoir continuer leur travail sur place, car quitter le Niger serait céder face à des meurtriers qui cherchent à nous en chasser", a-t-il conclu.

Clément Boutin Journaliste BFMTV