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La coalition commence à se fissurer en Libye

Un Rafale se prépare à atterrir sur la base militaire de Solenzara en Corse, l'une des bases des forces françaises intervenant en Libye.

Un Rafale se prépare à atterrir sur la base militaire de Solenzara en Corse, l'une des bases des forces françaises intervenant en Libye. - -

Alors que pour la troisième nuit consécutive Tripoli et les alentours de Benghazi ont subi des bombardements de la coalition occidentale, certains pays qui y participent se déchirent sur plusieurs points. Notamment la coordination des frappes et la suite des événements.

Dire qu'il y a désormais de l'eau dans le gaz entre les alliés en Libye n'est pas excessif. La convocation, jeudi, d'une nouvelle réunion du Conseil de sécurité à l'ONU en est l'une des manifestations. Officiellement, il s'agira de faire un premier bilan des frappes contre l'armée de Mouammar Kadhafi une semaine après le vote de la résolution 1973. Mais ses membres risquent fort de régler leurs premiers comptes, certaines divergences étant tenaces. On savait que la Chine et la Russie étaient très réservées sur l'intervention militaire en Libye (les deux pays s'étaient abstenus lors du vote). Mais désormais, c'est au sein même de la force internationale d'intervention que les divergences éclatent.

Selon certains, Washington tire les ficelles

L'une des grandes questions est celle du commandement. La France revendique le leadership de l'intervention de la coalition. Mais selon certains diplomates, c'est Washington qui tire les ficelles, alors que les Etats-Unis ne sont officiellement que « coordinateurs », via leur base allemande. Barack Obama réclame que l'OTAN prenne l'ensemble des opérations en main. Plus inquiétant peut-être, certaines sources militaires anonymes affirment que les frappes sont mal coordonnées, voire que les commandements nationaux se cachent entre eux des informations.
Quant à la suite des opérations, elle ne fait pas plus l'unanimité, certains pays souhaitant ouvertement le départ de Mouammar Kadhafi de gré ou de force; d'autres affirmant que la résolution des Nations-Unies se bornait à protéger les civiles d'éventuelles exactions. Beaucoup craignent que ces tiraillements ne mettent en danger l'avenir de la coalition, en provoquant notamment la désaffection des pays arabes dont le soutien est précieux. L'Italie, pour sa part, commence à envisager sérieusement de se retirer de l'alliance militaire.

La Rédaction