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L'Iran estime que les États-Unis agissent seuls et leurs alliés ont "honte"

Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, pendant son discours

Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, pendant son discours - afp

Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré ce lundi que les États-Unis agissaient seuls contre l'Iran et que leur alliés avaient "honte" de les rejoindre dans une coalition pour accompagner les pétroliers dans le Golfe, région stratégique au coeur des tensions.

L'Iran a estimé lundi que les États-Unis agissaient seuls contre lui et que leurs alliés avaient "honte" de les rejoindre dans une coalition pour accompagner les pétroliers dans le Golfe, une région stratégique au coeur des tensions.

Ces déclarations ont été faites à Téhéran par le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif qui a en outre confirmé avoir refusé une invitation à rencontrer le président Donald Trump à la Maison Blanche malgré des menaces de sanctions à son encontre qui ont été au final imposées la semaine dernière.

Un bras de fer depuis 2018

Les États-Unis et l'Iran sont engagés depuis 2018 dans un bras de fer découlant de la question nucléaire et exacerbé par des invectives, des attaques en mai et juin derniers contre des pétroliers dans le Golfe imputées à Téhéran malgré ses démentis, et par la destruction par l'Iran d'un drone américain en juin. 

Et l'Iran a annoncé dimanche avoir saisi un pétrolier étranger dans le Golfe, le troisième en moins de trois mois dans cette région par laquelle transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime au monde. 

"Aujourd'hui, les États-Unis sont isolés dans le monde et ne peuvent créer une coalition. Les pays qui sont leurs amis ont trop honte d'être dans une coalition avec eux", a dit Mohammad Javad Zarif lors d'une conférence de presse. "Ils ont créé eux-mêmes cette situation en violant la loi et ont suscité tensions et crises", a-t-il ajouté.

Face aux tensions et menaces dans le Golfe, les États-Unis ont lancé l'idée d'une coalition en juin mais ils peinent à la concrétiser, leurs alliés craignent de se laisser entraîner dans un conflit avec l'Iran. L'idée était que chaque pays y escorte militairement ses navires marchands avec le soutien de l'armée américaine, qui assurerait la surveillance aérienne de la zone et le commandement des opérations.

Les Européens sont réticents, ne voulant pas s'associer à la politique de "pression maximale" sur l'Iran de Donald Trump, car ils cherchent à préserver l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec l'Iran et dont Washington s'est retiré en 2018.

"Un pyromane ne peut être un pompier", a dit Mohammad Javad Zarif, soutenant que depuis l'arrivée des Américains dans la région il n'y a plus "que violence, guerre et massacre".

Alors que l'un des trois pétroliers saisis par l'Iran bat pavillon britannique, Londres avait décidé d'escorter les navires civils battant pavillon britannique dans le Golfe. Malgré la politique de sanctions et l'animosité entre Washington et Téhéran, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, l'administration Trump avait lancé des appels au dialogue à l'Iran.

Zarif a refusé de rencontrer Trump

Lundi, Mohammad Javad Zarif a affirmé avoir refusé une invitation à rencontrer Donald Trump à la Maison Blanche, ce qui selon lui, lui a valu des sanctions. "On m'a dit à New York que je serai la cible de sanctions dans deux semaines si je n'accepte pas cette offre qu'heureusement je n'ai pas acceptée". 

Vendredi, le magazine New Yorker a rapporté que le sénateur américain Rand Paul avait rencontré mi-juillet à New York, avec la bénédiction de Donald Trump, Mohammad Javad Zarif pour l'inviter à la Maison Blanche. Celle-ci n'avait pas commenté ces informations. Avant Mohammad Javad Zarif, le guide suprême Ali Khamenei, ultime décideur dans les dossiers sensibles en Iran, a été la cible de sanctions américaines. 

Ce sont les États-Unis "qui avaient quitté la table (des négociations), sanctionné le ministre des Affaires étrangères d'Iran et sanctionné la plus haute autorité de la République islamique d'Iran. Avec qui ils veulent négocier", a lancé Mohammad Javad Zarif. 

Mais il n'a pas fermé complètement la porte. "A mon avis, les négociations et la diplomatie ne s'arrêteront jamais (...) Même en temps de guerre les négociations existeront".

"Trump ne cherche pas la guerre"

Il a aussi dit ne pas croire que Donald Trump déclencherait une guerre avec l'Iran, à moins selon lui que les faucons autour de lui ne le convainquent autrement. Comme faucons, le ministre iranien a cité John Bolton, son conseiller à la sécurité nationale, et son allié, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Je pense que Donald Trump ne cherche par la guerre. Mais John Bolton et Netanyahu l'ont toujours voulue. Ils sont prêts à mener leurs guerres jusqu'au dernier soldat américain", a dit encore Mohammad Javad Zarif.
Alexandra Jaegy avec AFP