BFMTV
International

L'ambassadeur de France aux États-Unis qualifie Israël "d'État d'apartheid"

Ambassadeur de France aux États-Unis, le 23 avril 2018.

Ambassadeur de France aux États-Unis, le 23 avril 2018. - Ludovic Marin - AFP

Pour son départ en retraite, l'ambassadeur français a donné une série d'interviews, lâchant plusieurs critiques sur le gouvernement de Trump, et la situation chaotique entre Israéliens et Palestiniens.

A l'occasion de son départ à la retraite, Gérard Araud, ambassadeur de France aux États-Unis et ex-ambassadeur en Israël, a donné une série d'interviews vendredi. Dans le journal américain The Atlantic, il s'en prend à l'administration Trump, mais également à Israël, qu'il qualifie "d'État d'apartheid", en évoquant le cas des Palestiniens.

"[Les Israéliens] ne feront pas [des Palestiniens] des citoyens d'Israël. Ils vont donc devoir officialiser la situation qui est, nous le savons, une situation d'apartheid", déclare-t-il.

Israël n'a "aucun intérêt à faire des concessions"

Souvent utilisé pour décrire le régime de ségrégation ayant eu cours en Afrique du Sud contre les populations de couleurs, l'apartheid est: la "discrimination, voire exclusion, d’une partie de la population, qui ne dispose pas des mêmes droits, lieux d’habitation ou emplois que le reste de la collectivité", selon le Larousse.

"Le problème est que la disproportion de pouvoir est telle entre les deux parties [Israélienne et Palestinienne] que les plus fortes peuvent conclure qu'elles n'ont aucun intérêt à faire des concessions", déclare Gérard Araud, selon qui "le statu quo est extrêmement confortable pour Israël".

Jared Kushner "n'a pas de courage"

Dans son interview, Gérard Araud dénonce la gestion du dossier Israélien par le gouvernement Trump. Ce dernier avait notamment mis le feu aux poudres en déplaçant son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, reconnaissant cette ville, officiellement divisée entre Palestiniens et Israéliens, comme capitale d'Israël.

Gérard Araud qualifie également Jared Kushner, haut-conseiller du président et médiateur dans le conflit israélo-palestinien, de personne "intelligente", "mais il n’a pas de courage" et "il ne connaît pas l’histoire".

Ce n'est pas la première fois que Gérard Araud se fend d'une sortie publique sur la politique internationale, mettant de côté son devoir de réserve.

Lors de l'élection de Donald Trump, il avait notamment tweeté: "Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s'effondre devant nos yeux". Message qui avait déclenché une vague de critiques contre lui, aussi bien aux Etats-Unis qu'en France.
Salomé Vincendon