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Kobané: l'Etat islamique coupable de tortures sur des enfants enlevés

Une frappe de la coalition s'abat sur la ville de Kobané, en Syrie, en octobre 2014, pour repousser l'avancée des jihadistes de l'Etat islamique.

Une frappe de la coalition s'abat sur la ville de Kobané, en Syrie, en octobre 2014, pour repousser l'avancée des jihadistes de l'Etat islamique. - AFP

Des dizaines de jeunes Kurdes enlevés à Kobané par les jihadistes de l'Etat islamique ont été torturés, selon l'ONG Human Rights Watch. Aujourd'hui libérés, certains d'entre eux ont raconté leur calvaire.

Enlevés et torturés. Selon l'ONG Human Rights Watch (HRW), les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont torturé et battu des dizaines d'adolescents originaires de Kobané, qu'ils avaient enlevés avant le début du siège de la ville kurde syrienne. Ces garçons, âgés de 14 à 16 ans, faisaient partie d'un groupe de 153 jeunes garçons Kurdes pris en otage par l'EI le 29 mai dernier, alors qu'ils rentraient chez eux à Kobané.

Frappés à l'aide de tuyaux et de câbles électriques

Les 25 derniers garçons encore détenus ont été remis en liberté la semaine dernière, et ont raconté qu'ils avaient été régulièrement frappés avec des tuyaux d'arrosage et des câbles électriques, et forcés à regarder des vidéos de décapitations, d'exécutions de masse et d'attaques menées par leurs geôliers, a indiqué l'ONG dans un communiqué. Certains ont même été suspendus au plafond, a raconté un ancien otage, à la télévision CNN.

"Depuis le début de la révolte syrienne, les enfants ont particulièrement souffert des horreurs de la détention et de la torture, d'abord de la part du gouvernement (du président syrien Bachar al) Assad, maintenant de l'EI", a déclaré Fred Abrahams, responsable des droits des enfants à HRW.

Forcés de suivre des cours de religion

Selon les longs témoignages recueillis auprès de quatre d'entre eux, qui ont retrouvé la liberté, les jihadistes frappaient les enfants qui tentaient de s'évader ou qui ne respectaient pas assez bien les règles prescrites imposées lors de "cours" de religion.

Les détenus proches des combattants des Unités de protection du peuple (YPG), la milice armée kurde qui défend depuis plus de six semaines Kobané, étaient particulièrement visés, ont-ils rapporté. "Ils leur demandaient de donner les adresses de leurs familles, cousins ou oncles en disant 'Lorsque nous irons à Kobané, nous les attraperons et nous les découperons'. Ils considéraient le YPG comme des 'kafir' (des athées)", a raconté un détenu de 15 ans.

Les enfants ont également expliqué qu'ils n'étaient nourris que deux fois par jour, qu'ils étaient contraints de prier cinq fois par jour, de suivre des cours de religion et que leurs geôliers étaient syriens, jordaniens, libyens, tunisiens et saoudiens. Le groupe Etat islamique est accusé de nombreuses exactions, violences et tortures contre les populations civiles, aussi bien en Syrie qu'en Irak.

A.S. avec AFP