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Julian Assange : Londres pourrait donner l'assaut sur l'ambassade d'Equateur

Julian Assange

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L’ambassade d’Equateur en Grande-Bretagne craint une attaque imminente des forces de l’ordre britanniques. En cause, Julian Assange, le fondateur de Wikileaks qui se trouve à l’intérieur et y demande le statut de réfugié.

Alors que l’Equateur doit annoncer sa décision ce jeudi après-midi d’accorder ou non l’asile politique à Julian Assange, le personnel de son ambassade en Grande-Bretagne dit craindre une entrée dans ses locaux de la police britannique. Le fondateur de Wikileaks, poursuivi par la justice suédoise pour agression sexuelle, est en effet retranché depuis le 19 juin dans l’ambassade car la Grande-Bretagne a décidé, après un long combat judiciaire, de l’extrader.
La présence policière devant l’ambassade a été renforcée dans la matinée, et le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patino a affirmé mercredi soir avoir reçu « du Royaume-Uni la menace expresse et par écrit qu'un assaut pourrait être lancé contre notre ambassade à Londres si l'Équateur ne lui remet pas Julian Assange ». Le ministre a ajouté que « l'Équateur rejette de la manière la plus énergique cette menace explicite ».

« Accorder l'asile ne changera fondamentalement rien »

Du côté britannique, l’information n’est pas confirmée, sans pour autant être démentie : « Il est trop tôt pour dire quand et si la Grande-Bretagne annulera le statut diplomatique de l'ambassade d'Equateur », a simplement déclaré un porte-parole du Foreign Office. « Accorder l'asile ne changera fondamentalement rien », a-t-il ajouté, soulignant que Londres avait l'obligation légale d'extrader Julian Assange vers la Suède. Elle pourrait recourir à une loi de 1987 « sur les lieux consulaires et diplomatiques » qui l’autorise à lever le statut diplomatique d’une ambassade dans certains cas.

« Une violation de la Convention de Vienne »

« Une entrée non autorisée dans l'ambassade d'Équateur serait une violation flagrante de la Convention de Vienne » qui régit les missions diplomatiques, a insisté Ricardo Patino. Pour lui, « la position qu'a adoptée le gouvernement de Grande-Bretagne est inadmissible, tant du point de vue politique que du point de vue juridique ».
Ce jeudi matin, une vingtaine de policiers entouraient l’ambassade et ont affronté quelques manifestants venus soutenir le fondateur de Wikileaks. S’il est extradé en Suède, Julian Assange craint d’être ensuite envoyé aux Etats-Unis, où il pourrait répondre des faits de trahison pour avoir publié des milliers de documents confidentiels.

La rédaction, avec Reuters et AFP