BFMTV

Jour J pour un nouveau plan d'aide à la Grèce

Un manifestant devant le parlement grec, à Athènes, vendredi. Les ministres des Finances de la zone euro devraient approuver ce lundi un deuxième plan d'aide en faveur de la Grèce d'un montant de 130 milliards d'euros, crucial pour redonner de l'air au pa

Un manifestant devant le parlement grec, à Athènes, vendredi. Les ministres des Finances de la zone euro devraient approuver ce lundi un deuxième plan d'aide en faveur de la Grèce d'un montant de 130 milliards d'euros, crucial pour redonner de l'air au pa - -

par Luke Baker BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro devraient approuver ce lundi un deuxième plan d'aide en faveur de la...

par Luke Baker

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro devraient approuver ce lundi un deuxième plan d'aide en faveur de la Grèce d'un montant de 130 milliards d'euros, crucial pour redonner de l'air au pays surendetté.

Diplomates et économistes n'attendent pas de ce nouveau plan de renflouement qu'il règle tous les problèmes économiques grecs du jour au lendemain: il faudra au moins dix années voire davantage. Ce constat a amené encore plusieurs milliers de Grecs à manifester dimanche leur colère devant le parlement face à la cure d'austérité draconienne qu'ils subissent depuis des mois.

Les ministres de l'Eurogroupe doivent encore s'entendre sur de nouvelles mesures techniques pour ramener autant que possible la dette grecque vers un objectif de 120% du produit intérieur brut à l'horizon 2020 demandé par le FMI, créancier de la Grèce avec l'UE et la Banque centrale européenne (BCE). En l'état, les projections actuelles placent la barre plus haut, à 129%.

Une conférence téléphonique entre hauts responsables des ministères des Finances des Vingt-Sept et de la BCE a porté essentiellement dimanche sur la définition d'un niveau "soutenable" de la dette d'Athènes.

"Toutes les discussions que j'aurai (...) jusqu'à dimanche soir tenteront de rapprocher ce chiffre de l'objectif (de 120%)", a déclaré le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker.

Cependant, même si Allemagne, Finlande et Pays-Bas restent sceptiques quant à la capacité de la Grèce à tenir ses engagements, à commencer par un programme d'économies de 3,3 milliards d'euros, les responsables européens estiment le moment venu d'approuver le nouveau plan d'aide, qui permettra de stabiliser la situation financière de la Grèce et de la maintenir au sein de la zone euro.

"Pour le moment, il semble que nous allions exactement dans cette direction", a déclaré la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter.

"Je ne pense pas qu'il y ait une majorité pour s'engager dans une autre voie parce qu'une autre voie serait extrêmement ardue et coûterait beaucoup beaucoup d'argent", a-t-elle ajouté.

Un responsable de la zone euro a déclaré que les détails non réglés ne constituaient pas des obstacles à un accord. "Je ne vois pas quelqu'un endosser la responsabilité de bloquer un accord à ce stade", a-t-il dit.

SOUTIEN DE WASHINGTON

Le Premier ministre grec Lucas Papadémos s'est envolé pour Bruxelles dimanche au moment où se rassemblaient quelque 3.000 personnes sur la place de la Constitution à Athènes.

La police antiémeute s'était déployée en force autour du parlement, une semaine après les scènes d'émeutes qui ont suivi l'adoption du nouveau programme d'austérité de 3,3 milliards d'euros. Mais la foule était bien inférieure aux dizaines de milliers de manifestants de la semaine passée et les incidents sont restés limités.

Un point essentiel du plan de sauvetage prévoit un échange d'obligations souveraines détenues par des créanciers privés qui permettra à la Grèce d'effacer 100 milliards d'euros de dettes.

L'opération sera lancée le 8 mars et les autorités grecques, qui devront rembourser 14,5 milliards d'euros d'obligations venant à échéance le 20 mars, espèrent la boucler en trois jours.

Le nouveau plan d'aide n'est pas un remède miracle. L'économie grecque s'est contractée de 7% en rythme annuel au dernier trimestre 2011, bien plus que prévu, et les nouvelles mesures d'austérité devraient encore aggraver la situation.

La troïka UE-FMI-BCE, qui supervise la mise en place des réformes, effectue des rapports trimestriels. Dans le cadre du deuxième plan de sauvetage, la Commission européenne enverra bientôt des dizaines d'autres inspecteurs à Athènes.

"C'est un ensemble de réformes très fort et très difficile qui mérite le soutien de la communauté internationale et du FMI", a estimé le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner dans un communiqué appelant le FMI à soutenir l'accord.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français