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Jimmy Carter obtient à Pyongyang la libération d'un Américain

Aijalon Mahli Gomes, un Américain détenu en Corée du Nord depuis janvier dernier, à son arrivée à un aéroport de Pyongyang. L'ancien président Jimmy Carter a obtenu vendredi la libération de cet enseignant condamné en avril à huit années de travaux forcés

Aijalon Mahli Gomes, un Américain détenu en Corée du Nord depuis janvier dernier, à son arrivée à un aéroport de Pyongyang. L'ancien président Jimmy Carter a obtenu vendredi la libération de cet enseignant condamné en avril à huit années de travaux forcés - -

SEOUL (Reuters) - L'ancien président Jimmy Carter a obtenu vendredi la libération d'un Américain emprisonné en Corée du Nord, et le pays en a...

SEOUL (Reuters) - L'ancien président Jimmy Carter a obtenu vendredi la libération d'un Américain emprisonné en Corée du Nord, et le pays en a profité pour réaffirmer son souhait de reprendre les pourparlers à six sur son programme nucléaire.

Jimmy Carter a quitté Pyongyang vendredi matin accompagné de l'enseignant américain Aijalon Mahli Gomes, qui avait été arrêté en janvier dernier puis condamné en avril à huit années de travaux forcés pour être entré illégalement en Corée du Nord à partir de la Chine, précise sa fondation, le centre Carter.

Dans un communiqué, le département d'Etat a salué l'effort mené par Jimmy Carter et la décision nord-coréenne d'accorder une amnistie spéciale à Aijalon Mahli Gomes, tout en rappelant qu'il n'avait ni proposé ni arrangé ce voyage.

Gomes a été gracié par le numéro deux du régime nord-coréen, Kim Yong-nam, qui a affirmé à Carter la volonté de Pyongyang de reprendre les pourparlers à six et de parvenir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne, selon l'agence nord-coréenne KCNA.

Il y a un an, un autre ancien président américain, Bill Clinton, avait obtenu la libération de deux journalistes américaines lors d'une visite éclair à Pyongyang.

La Corée du Nord s'est déclarée disposée en juillet à reprendre les "pourparlers à six", qui impliquent Pyongyang, la Corée du Sud, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et le Japon.

La visite de Jimmy Carter, avec laquelle Washington a pris soin de prendre ses distances, soulignant qu'il s'agissait d'une mission humanitaire privée, ne devrait pas bouleverser la donne diplomatique régionale.

STRATÉGIE DE LA PATIENCE

Interrogé à propos d'une réunion préparatoire aux pourparlers à six proposée par la Chine, le département d'Etat a déclaré jeudi que Washington attendait toujours de la part des Nord-Coréens des "actes permettant de nous convaincre qu'une telle réunion sera fructueuse".

Les Etats-Unis veulent non seulement que Pyongyang retourne à la table des négociations, mais aussi qu'il s'engage à appliquer les mesures de désarmement qu'il a promises lors des précédentes sessions "à six". La Corée du Nord boycotte les pourparlers depuis près de deux ans.

En mai 2009, le pays a été soumis à un nouveau train de sanctions internationales après avoir procédé au deuxième essai nucléaire de son histoire. Les Etats-Unis ont encore renforcé leurs sanctions en juillet dernier contre Pyongyang après le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan en mars, au cours duquel 46 marins ont trouvé la mort. Séoul a conclu que le navire avait été coulé par la marine nord-coréenne.

La "stratégie de la patience" de l'administration Obama est critiquée par certains commentateurs aux Etats-Unis qui estiment que des contacts avec Pyongyang permettraient d'en savoir davantage sur la transition apparemment à l'oeuvre actuellement dans le pays le plus reclus au monde.

Jimmy Carter n'a pas rencontré le numéro un du régime, Kim Jong-Il, qui se trouve en Chine selon les médias sud-coréens, vraisemblablement en compagnie de son plus jeune fils et dauphin désigné, Kim Jong-un.

Cette visite n'a pas été confirmée par les autorités chinoises. Pékin avait attendu le départ de Kim Jong-il pour confirmer ses visites précédentes.

Agé de 68 ans, le dirigeant nord-coréen aurait des problèmes de santé après avoir été victime d'un accident vasculaire cérébral il y a deux ans, et il préparerait sa succession.

Son fils Kim Jong-un, qui a 27 ans, a été élu au parlement nord-coréen l'année dernière et une réunion extraordinaire du parti unique, le Parti des travailleurs de Corée, doit avoir lieu en septembre afin d'entériner peut-être la transition.

Rédaction de Séoul, avec Paul Eckert à Washington, Jean-Stéphane Brosse pour le service français