BFMTV

IVG en Pologne: le gouvernement ne soutiendra pas le projet de loi décrié

Manifestation contre une proposition de loi bannissant l'avortement à Varsovie en Pologne le 1er octobre 2016. -

Manifestation contre une proposition de loi bannissant l'avortement à Varsovie en Pologne le 1er octobre 2016. - - Wojtek Radwanski - AFP

Les manifestantes ont obtenu satisfaction. Les conservateurs au pouvoir en Pologne ont voté ce mercredi en commission parlementaire pour le rejet de la proposition de loi interdisant presque complètement l'avortement, 48 heures après d'importantes manifestations des adversaires de ce texte.

Leur vote semble traduire un renversement de la position de Droit et Justice (PiS), jusqu'à présent favorable à ce projet.

"Le PiS a composé avec sa conscience, car il a eu peur des femmes descendues dans la rue", a dit l'ancienne Première ministre libérale Ewa Kopacz, membre de la commission de la Justice.

Le combat n'est pas terminé

Elle a souligné que "la bataille n'était pas terminée", car il fallait encore que le rejet soit approuvé par l'ensemble des députés, probablement jeudi. 

Quelque cent mille personnes, selon l'estimation modérée de la police, ont participé à des rassemblements et des marches dans toute la Pologne lors du "lundi noir" et de la "grève des femmes" organisés par les adversaires de l'interdiction de l'IVG.

Le lendemain, un début de tournant amorcé par les conservateurs était apparu en filigrane dans une déclaration de la Première ministre Beata Szydlo, qui a tenu à souligner mardi que la proposition de loi était une initiative citoyenne et ne venait pas de son gouvernement. 

"Le gouvernement PiS n'a pas travaillé et ne travaille pas sur une loi changeant les dispositions actuelles en matière d'avortement", avait-elle dit lors d'une conférence de presse.

Un loi décriée par l'épiscopat catholique

Un des vice-premiers ministres et ministre de la Science et de l'Enseignement supérieur, Jaroslaw Gowin, est allé plus loin, déclarant à une radio de province qu'un "projet d'interdiction de l'avortement ne passerait pas (concernant les cas) lorsque la femme avait été victime d'un viol" ou lorsque sa santé ou sa vie étaient en danger.

Les protestations de lundi "nous ont fait réfléchir et nous ont donné une leçon d'humilité", a-t-il ajouté.

De son côté, l'épiscopat catholique a souligné mercredi qu'il était opposé à la peine de prison pour les femmes ayant avorté, inscrite dans la proposition de loi. 

la rédaction avec AFP