BFMTV

Irak: les forces irakiennes avancent au ralenti dans Mossoul-ouest

Des milliers d'Irakiens fuient les combats le 1er mars 2017 à Mossoul-Ouest

Des milliers d'Irakiens fuient les combats le 1er mars 2017 à Mossoul-Ouest - ARIS MESSINIS, AFP

L'armée irakienne fait face à une forte résistance des djihadistes de Daesh, dans la partie ouest de Mossoul, deuxième ville du pays. Plus de 28.000 civils ont fui les combats depuis le début de la phase 2 de la reprise de la ville par l'armée irakienne.

Les combattants de Daesh continuent d'opposer une résistance farouche aux forces irakiennes engagées pour reprendre la partie ouest de Mossoul, bastion du groupe djihadiste.

Plus de 28.000 personnes ont fui les combats à Mossoul-Ouest depuis le début il y a 10 jours de de la phase 2 de la reprise de Mossoul, lancée par les forces irakiennes.

"Nous n'avons pratiquement rien mangé en quatre jours", a témoigné mercredi Widaa, une jeune femme de 20 ans ayant réussi à s'enfuir de la ville assiégée. Elle fait partie des quelque "28.400 habitants de Mossoul-Ouest déplacés depuis le début de l'offensive" le 19 février, a indiqué mercredi dans un communiqué le bureau de l'ONU coordonnant l'aide humanitaire à Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak.

Ce chiffre ne représente qu'une petite partie des quelque 750.000 habitants de la partie ouest de la deuxième ville irakienne, mais selon les prévisions, il devrait fortement augmenter dans les prochains jours et semaines.

Des familles irakiennes fuient les combats le 28 février 2017 à Mossoul
Des familles irakiennes fuient les combats le 28 février 2017 à Mossoul © ARIS MESSINIS, AFP

Tireurs embusqués

Les autorités de Bagdad avaient reconquis le 24 janvier les quartiers de la partie Est de la ville coupée en deux par le fleuve Tigre. Les forces du gouvernement sont appuyées par la coalition internationale antijihadistes sous commandement américain. Une reprise totale de Mossoul, le dernier grand fief de Daesh en Irak, porterait un coup très dur à cette organisation djihadiste responsable d'atrocités en Irak et en Syrie mais aussi dans d'autres pays.

Certains déplacés prennent de grands risques en cherchant à fuir les combats qui s'intensifient au fur et à mesure de l'avancée des forces irakiennes vers le centre de Mossoul, en particulier sa vieille ville. Les balles des tireurs embusqués représentent un grand danger pour les civils à Mossoul, a indiqué Kathy Bequary, la directrice de NYC Medics, un groupe apportant des secours d'urgence dans une clinique mobile aux abords de cette ville du nord de l'Irak.

"Nous avons affaire à de nombreuses blessures graves provoquées par des snipers. La plupart de nos patients sont des combattants, mais les civils sont également affectés. Il y a deux jours, nous avons soigné une famille, qui tentait de fuir Mossoul et qui a été visée par des snipers. Une fillette de cinq ans a été touchée au bassin. Elle était dans un état très, très critique", a raconté Kathy Bequary à l'AFP.

Des habitants au milieu d'un quartier en ruines le 1er mars 2017 à Mossoul
Des habitants au milieu d'un quartier en ruines le 1er mars 2017 à Mossoul © ARIS MESSINIS, AFP

Tentative de couper l'approvisionnement des djihadistes

Sur le front, les forces du contre-terrorisme (CTS) ont repris mercredi le quartier résidentiel d'al-Maamoun (ouest), a indiqué le Commandement irakien des opérations conjointes. Plus tôt, un haut commandant des CTS, le général Abdel Ghani al-Assadi, a affirmé que les djihadistes opposaient une résistance "farouche" dans le sud-ouest de la ville.

Parallèlement à cette avancée, les forces irakiennes ont dit contrôler la route reliant l'ouest de Mossoul à la ville de Tal Afar, également tenue par Daesh isolant un peu plus les djihadistes.

Couper cet axe permettrait d'empêcher les djihadistes se trouvant encore à Mossoul-Ouest de se ravitailler ou de fuir au fur et à mesure que les forces irakiennes avancent dans leur offensive.

La bataille autour de Mossoul
La bataille autour de Mossoul © Kun TIAN, Gillian HANDYSIDE, AFP

Environ 15.000 combattants de Daesh en Syrie et en Irak

Daesh s'était emparé de Mossoul en juin 2014 lors d'une offensive éclair qui lui avait permis de contrôler de vastes territoires en Syrie et en Irak. Il a depuis perdu une grande partie de ces zones.

Selon des estimations américaines, il resterait quelque 2.000 djihadistes à Mossoul-Ouest. Ces combattants peuvent infliger de fortes pertes en recourant à leurs actions de guérilla habituelles, comme les explosions d'engins piégés et les attentats suicide.

Daesh aurait encore par ailleurs entre 12.000 à 15.000 combattants en Irak et en Syrie, selon le général américain Stephen Townsend, qui commande à Bagdad les forces de la coalition.

G.D. avec AFP