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INFOGRAPHIE. Climat: malgré la pandémie de coronavirus, il n'y a jamais eu autant de CO2 dans l'atmosphère

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Le confinement mis en place par de nombreux pays n'a rien changé à la tendance générale: il y a toujours de plus en plus de CO2 dans l'atmosphère.

Si le confinement a permis à la planète de respirer un peu, le répit n'a été que de courte durée: En Île-de-France, selon AirParif, les émissions, notamment celles liées au trafic routier, "avaient connu une chute brutale et sans précédent" pendant cette période. Mais un mois après la levée des restrictions de circulation, la pollution de l'air est déjà revenue à la normale dans la région. Une évolution similaire est constatée dans d'autres régions.

De manière générale, dans le monde, le confinement n'a pas changé grand chose à la pollution de l'air, si on se fie aux données les plus récentes de l'Agence américaine d'observation océanographique et atmosphérique (NOAA). 

L'infographie ci-dessous montre la présence de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère en parties par million. Les relevés ont été effectués à l'observatoire de Mauna Loa, à Hawaï.

Un nouveau record établi en mai 2020

Le niveau de CO2 dans l'atmosphère atteint en mai 2020 (417,07 ppm) est le plus haut jamais enregistré par la NOAA, qui effectue des relevés depuis la fin des années 1950. 

Le mois de mai est cependant traditionnellement le mois où on relève les plus forts taux. Mai 2019 avait déjà établi un nouveau record (414.65) et mai 2018 également (411.24).

L'infographie ci-dessous montre l'évolution de cet indicateur mois par mois depuis 1960. 

Ralph Keeling, professeur à l'Institut océanographique Scripps (San Diego, États-Unis), expliquait la semaine dernière au journal anglais The Guardian pourquoi ces chiffres continuaient d'augmenter malgré le confinement.

"Les gens peuvent être surpris d'apprendre que la pandémie de coronavirus n'a pas eu plus d'impact sur les niveaux de CO2 dans l'atmosphère. Mais l'accumulation de CO2, c'est un peu comme ajouter des déchets dans une décharge. Au fur et à mesure que nous émettons, il s'accumule. La crise a certes ralenti les émissions de CO2, mais pas suffisamment pour se manifester de façon perceptible au Mauna Loa. Ce qui est important, c'est la trajectoire que nous suivrons après la pandémie."

Un propos confirmé par la NOAA. Dans un article publié sur son site internet, l'Agence affirme que même si les humains cessaient soudainement d'émettre du CO2, il faudrait des milliers d'années pour revenir à des niveaux préindustriels.

Louis Tanca