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Hong Kong: la police a arrêté 180 personnes, sept en vertu de la loi sur la sécurité

Manifestants le 1er juillet 2020 à Honk Kong, brandissant une pancarte demandant l'indépendance

Manifestants le 1er juillet 2020 à Honk Kong, brandissant une pancarte demandant l'indépendance - DALE DE LA REY / AFP

Depuis mardi, une nouvelle loi sur la sécurité nationale rend le soutien à l'indépendance de Hong Kong, de Taiwain, du Tibet et de la région Xinjiang illégal.

La police de Hong Kong a annoncé avoir arrêté au moins 180 personnes mercredi, dont sept en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale. Des milliers de manifestants ont défié l'interdiction de se rassembler pour le 23ème anniversaire de la rétrocession de l'ex-colonie britannique à la Chine.

Ce rassemblement avait été interdit il y a quelques jours par les autorités, pour la première fois en 17 ans. Mercredi, un important dispositif policier avait donc été déployé à travers les rues de la ville alors que les Hongkongais prennent traditionnellement part à cette manifestation.

Un drapeau noir avec les mots "Indépendance de Hong Kong"

Des manifestants ont été arrêtés "pour participation à des rassemblements non autorisés, trouble à l'ordre public, possession d'armes offensives et autres infractions connexes", a écrit la police sur son compte Twitter, précisant que sept d'entre eux l'ont été "pour violation présumée de la loi sur la sécurité nationale".

Quelques heures auparavant, les forces de l'ordre avaient annoncé avoir interpellé un homme qui tombait sous le coup de cette loi. Il avait posé sur un trottoir un drapeau noir avec les mots "Indépendance de Hong Kong" en chinois et en anglais.

La police a fait usage de canons à eau, de gaz poivré et lacrymogène pour disperser les manifestants. Beaucoup d'entre-eux scandaient des slogans en faveur de l'indépendance du territoire. Selon la police, un officier a été poignardé à l'épaule alors qu'il tentait de procéder à une arrestation.

"La défense de l'indépendance de Hong Kong est contraire à la loi"

Depuis l'entrée en vigueur de la loi mardi soir, le soutien à l'indépendance de Hong Kong, de Taiwain, du Tibet et de la région Xinjiang est devenu illégal. "La défense de l'indépendance de Hong Kong est contraire à la loi", a indiqué à la presse John Lee, le ministre hongkongais de la Sécurité.

Mercredi matin, au cours de la traditionnelle cérémonie de lever de drapeau qui marque cet anniversaire, la cheffe de l'exécutif hongkongais fidèle à Pékin, Carrie Lam, a salué cette loi qui constitue "l'événement le plus important dans les relations entre le gouvernement central et Hong Kong depuis la rétrocession".

Promulgué par le président chinois Xi Jinping, il permet de réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l'Etat: subversion, séparatisme, terrorisme et collusion avec des forces extérieures. La loi prévoit que la justice chinoise soit compétente pour certaines infractions et réserve la prison à vie aux crimes les plus graves contre la sécurité nationale.

"La promulgation de cette loi vise à lutter contre les très rares criminels qui mettent gravement en danger la sécurité nationale, et non l'ensemble de l'opposition", a affirmé mercredi à Pékin le directeur adjoint du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao du régime communiste, Zhang Xiaoming.

"La fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait"

L'opposition hongkongaise redoute que cette nouvelle loi texte ne porte un coup fatal aux libertés et à l'autonomie dont jouissait le territoire depuis sa rétrocession le 1er juillet 1997 par le Royaume-Uni. De nombreux pays occidentaux, parmi lesquels 27 membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, ont condamné ce texte, redoutant qu'il n'entraîne la répression de toute opposition politique.

"Cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait", a réagi sur Twitter Joshua Wong, l'une des figures du mouvement pour la démocratie. "La ville se transformera en un #étatdepolicesecrète."

De leur côté, les Etats-Unis ont menacé la Chine de représailles, promettant de ne pas "rester les bras croisés". Mercredi, le Canada a mis en garde ses ressortissants à Hong Kong contre un risque de "détention arbitraire" et d'extradition vers la Chine continentale. De son côté, Taïwan a annoncé l'ouverture d'un bureau destiné à accueillir les habitants de Hong Kong désireux de s'installer sur l'île.

Zhang Xiaoming a qualifié les Etats qui menacent certains responsables chinois de sanctions, d'avoir une "logique de bandits". Des propos qui visent les Etats-Unis.

S. V. avec AFP