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Grève générale contre l'austérité en Grèce

Cordon policier devant le siège du parlement grec à Athènes. Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de la capitale grecque mercredi pour protester contre le budget d'austérité 2011 qui devait être voté dans la soirée par le parlement. /Phot

Cordon policier devant le siège du parlement grec à Athènes. Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de la capitale grecque mercredi pour protester contre le budget d'austérité 2011 qui devait être voté dans la soirée par le parlement. /Phot - -

par Renee Maltezou et Ingrid Melander ATHENES (Reuters) - Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues d'Athènes mercredi pour protester...

par Renee Maltezou et Ingrid Melander

ATHENES (Reuters) - Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues d'Athènes mercredi pour protester contre le budget d'austérité 2011 qui devait être voté dans la soirée par le parlement grec.

Aux cris de "On n'en peut plus", trois mille manifestants se sont rassemblés devant le parlement dans une capitale où les transports publics étaient paralysés par la grève.

"On n'a plus d'espoir, on est juste en train de sombrer", dit Apostolos Kostopoulos, employé de la compagnie d'électricité publique dont le salaire a été réduit. "Le parlement va voter aujourd'hui un budget qui va plonger encore un peu plus les gens dans la pauvreté", ajoute-t-il. À côté de lui, des manifestants agitent un immense drapeau de la Grèce siglé "A vendre".

Deux milliers de personnes ont participé à une marche parallèle contre l'austérité mais la participation était légèrement inférieure aux précédentes journées de mobilisation.

"On n'est pas d'accord avec le plan d'austérité mais rien ne va changer", se lamente Susanna Apostolaki, une secrétaire de 43 ans. "Le gouvernement ne va pas changer de politique simplement parce que nous descendons dans la rue."

NOTE DÉGRADÉE

La politique d'austérité est menée conformément au soutien financier apporté par l'Union européenne et le Fonds monétaire international pour aider la Grèce à redresser ses comptes publics et éviter à la zone euro une contagion de la crise de la dette souveraine.

Le gouvernement socialiste de George Papandréou prévoit pour 2011 de nouvelles hausses d'impôts et des baisses de salaires dans les entreprises publiques, notamment dans le secteur des transports.

Comme les deux autres principales agences de notation, Fitch a menacé mardi de dégrader la note de la Grèce en janvier.

Les conducteurs de bus et de métro à Athènes effectuent depuis deux semaines des grèves perlées, ce qui complique l'accès aux commerces situés dans le centre de la capitale grecque en pleine période de Noël.

Le gouvernement a menacé mercredi d'interrompre par la force ce mouvement de grève en invoquant une législation d'exception utilisée cette année pour briser d'autres grèves dans les transports, notamment de la part des chauffeurs de poids lourds.

"Tout le monde doit faire preuve de responsabilité (...) l'Etat dispose des pouvoirs nécessaires pour préserver l'intérêt général", a déclaré le porte-parole du gouvernement, George Petalotis, dans une interview télévisée.

MÉCONTENTEMENT CROISSANT

Ce mois-ci, des manifestants ont déjà affronté la police et incendié des voitures et un hôtel du centre d'Athènes tandis que 50.000 personnes ont défilé contre les mesures d'austérité.

Pour les observateurs, les mesures prévues dans le budget 2011 affaibliront un peu plus l'économie du pays sans lui garantir pour autant d'échapper à une restructuration de sa dette.

Le gouvernement dispose d'une majorité absolue au parlement et le budget devrait être adopté malgré le mécontentement croissant dans les rangs du Pasok, le parti de George Papandréou. Depuis l'accord conclu en mai avec l'UE et le FMI, le Premier ministre a exclu des rangs de la majorité quatre élus s'étant opposés publiquement à sa politique d'austérité.

Après avoir dévoilé peu après leur arrivée au pouvoir fin 2009 qu'ils avaient hérité d'un déficit budgétaire bien plus élevé que prévu, les socialistes ont mis en oeuvre des mesures draconiennes d'austérité pour respecter les termes de l'accord conclu avec l'UE et le FMI.

Ils s'y sont tenus depuis malgré la colère de la population.

Le gouvernement a ainsi réduit d'environ 15% les salaires des fonctionnaires, repoussé l'âge de la retraite, gelé le montant des pensions versées aux retraités et effectué des coupes dans les dépenses publiques.

Il n'est en revanche pas parvenu à augmenter autant qu'il l'espérait les rentrées fiscales, malgré une hausse de la TVA.

Les créanciers de la Grèce jugent qu'elle respecte globalement son programme fiscal. Ils l'invitent cependant à renforcer sa politique d'austérité.

En raison notamment de cette rigueur, l'économie grecque devrait se contracter d'environ 3% en 2011 après une baisse de 4,2% en 2010. Le taux de chômage devrait atteindre un niveau record, à 14,6%, après 12,1% cette année.

Le gouvernement s'est fixé pour objectif de faire passer le déficit budgétaire de 9,4% cette année à 7,4% en 2011.

Bertrand Boucey et Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser