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Grèce: le nouveau ministre des Infrastructures démissionne après des propos antisémites

L'un des tweets qui ont mené à la démission du secrétaire d'Etat Dimitris Kammenos.

L'un des tweets qui ont mené à la démission du secrétaire d'Etat Dimitris Kammenos. - Capture Twitter

Le tout nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras subit déjà sa première défection. Accusé d'antisémitisme, l'un de ses secrétaires d'Etat a été contraint à la démission.

A peine formé, déjà secoué. Le nouveau gouvernement grec du Premier ministre Alexis Tsipras a connu jeudi sa première démission. Le secrétaire d'Etat Dimitris Kammenos, membre des Grecs indépendants (Anel), parti avec lequel Syriza a formé un gouvernement de coalition, a annoncé sa démission dans la nuit, 24 heures seulement après sa nomination au poste de secrétaire d'État aux Infrastructures. 

De nombreux tweets antisémites

Capture Twitter
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Si le compte Twitter de Dimitris Kammenos a été fermé depuis, ses messages ont refait surface ces derniers jours. Sur celui-ci, l'homme politique compare l'Union Européenne à Auschwitz. Alors que la porte du camp d'extermination porte normalement le message "Le travail rend libre", Dimitris Kammenos l'a modifiée pour y inscrire en grec le message "On reste en Europe" accompagnant l'image de ce commentaire: "On reste en Europe, disent-ils, à tout prix disent-ils, apportez-nous quoi que ce soit à signer. Je dis oui, après qu'ils ont payé le prix."

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Dans cet autre message, posté le 11 septembre 2013, jour anniversaire des attentats du World Trade Center, Dimitris Kammenos postait ce commentaire: "N'oubliez pas, aucun Juif n'est allé au travail le 11 septembre 2001, alors que 2.500 d'entre eux étaient employés dans le World Trade Center". Le sous-entendu est clair.

La faute de "hackers"

Après avoir démissionné pour permettre, selon lui, "le bon fonctionnement du nouveau gouvernement", l'ex-secrétaire d'Etat grec a affirmé qu'il porterait plainte pour le piratage de son compte Twitter.

Dans le même temps, et pour tenter de calmer la controverse, Dimitris Kammenos avait rendu public mercredi un communiqué dénonçant "le racisme, l'homophobie et l'antisémitisme", affirmant que ses comptes sur les réseaux sociaux étaient gérés par des adjoints. Une explication qui ne convainc pas vraiment au vu de la chronologie des messages. Certains ont en effet plus de deux ans. 

Paul Aveline