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France, Allemagne, Belgique, Suède: ces États qui élargissent finalement l'accès au vaccin AstraZeneca

Préparation d'une injection avec le vaccin AstraZeneca à Copenhague le 11 février 2021

Préparation d'une injection avec le vaccin AstraZeneca à Copenhague le 11 février 2021 - Liselotte Sabroe © 2019 AFP

Initialement réticents, plusieurs pays ont décidé d'élargir la population cible du vaccin britannique, qu'ils avaient jusque-là déconseillé aux plus âgés.

"Sûr et très efficace", a défendu jeudi Olivier Nataf, président d'AstraZeneca France, sur BFMTV au sujet du vaccin développé par son laboratoire. Le sérum, mis au point par le laboratoire pharmaceutique britannique et l'université d'Oxford, a reçu l'aval des autorités sanitaires européennes à la fin du mois de janvier. Dans la foulée, il recevait également le feu vert des autorités françaises, devenant ainsi le troisième vaccin contre le Covid-19 à être autorisé dans le pays.

Autorisé oui, mais seulement pour une certaine tranche d'âge. Contrairement aux vaccins de Pfizer et Moderna, celui-ci a dans un premier temps été refusé aux personnes âgées de plus de 65 ans. Seules les personnes en-deçà de cet âge, souffrant de comorbidités ou en tant que personnels soignants, pouvaient recevoir le sérum. Une décision prise par précaution, en raison du manque de données sur cette tranche d'âge.

Le 10 février dernier, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait publié de nouvelles recommandations, et déclaré que le vaccin britannique pouvait être administré au-delà de 65 ans.

Changement de pied

Depuis, un changement de pied est observé. La France a ouvert le bal lundi. Sur France 2, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a ainsi annoncé que désormais, les personnes âgées de "50 ans et plus, incluant les 65-75 ans", souffrant de comorbidités, pourront recevoir le vaccin d'AstraZeneca, chez leur médecin traitant ou dans l'hôpital qui les suit.

Le ministre a précisé que les personnes âgées de 75 ans et plus continueraient à recevoir le vaccin de Pfizer ou Moderna, en centre de vaccination. Une position entérinée mardi par la Haute autorité de santé (HAS).

Mercredi, c'est la Belgique qui a également revu sa copie. Le royaume avait initialement réservé ce médicament aux personnes de moins de 55 ans. Désormais, conformément à l'avis du Conseil supérieur de la santé, les personnes les plus âgées du pays pourront se faire vacciner avec AstraZeneca, alors que la campagne est sous le feu des critiques pour sa lenteur.

Effet domino?

Ce jeudi, deux nouveaux pays ont suivi cette direction. L'Allemagne, où Angela Merkel avait annoncé mercredi soir que la décision était imminente, a élargi aux plus de 65 ans. L'Allemagne avait été le premier pays à restreindre l'accès au vaccin.

"La commission des vaccins recommande désormais le vaccin AstraZeneca pour les personnes de plus de 65 ans également. C'est une bonne nouvelle pour les personnes âgées qui attendent une piqûre", a salué le ministre de la Santé, Jens Spahn, dans un communiqué.

Même décision en Suède: "Désormais, trois grandes études menées au Royaume-Uni montrent que le vaccin d'AstraZeneca a un bon effet protecteur, même pour les personnes de plus de 80 ans, et que l'effet protecteur est comparable à celui d'autres vaccins approuvés", a fait valoir l'autorité de santé.

Bascule

Outre les données lacunaires, le vaccin d'AstraZeneca avait notamment été pointé du doigt en raison des effets secondaires fréquemment constatés chez les soignants, qui "disparaissent généralement spontanément quelques jours après la vaccination".

En France, la HAS s'est notamment fondée sur une étude écossaisse qui doit encore être validée par les pairs pour initier la bascule, évoquant "des résultats très encourageants sur les bénéfices à court terme d'une première dose de vaccin" AstraZeneca chez les plus de 65 ans.

Au Royaume-Uni, le vaccin d'AstraZeneca est (entre autres) administré depuis le mois de décembre, et notamment aux personnes âgées. Une campagne de vaccination qui "commence à porter ses fruits", notait Le Monde le 2 mars.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV