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Forte participation au second tour de la présidentielle en Haïti

Les Haïtiens se sont rendus en nombre dans les bureaux de vote, ici à Port-au-Prince, pour élire un nouveau président lors d'un scrutin globalement calme. L'élection oppose le chanteur populaire Michel Martelly, 50 ans, à l'ex-première dame Mirlande Manig

Les Haïtiens se sont rendus en nombre dans les bureaux de vote, ici à Port-au-Prince, pour élire un nouveau président lors d'un scrutin globalement calme. L'élection oppose le chanteur populaire Michel Martelly, 50 ans, à l'ex-première dame Mirlande Manig - -

par Joseph Guyler Delva et Pascal Fletcher PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Les Haïtiens se sont rendus en nombre dans les bureaux de vote dimanche pour...

par Joseph Guyler Delva et Pascal Fletcher

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Les Haïtiens se sont rendus en nombre dans les bureaux de vote dimanche pour élire un nouveau président lors d'un scrutin globalement calme.

L'élection, dans un pays encore dévasté par le séisme qui fait plus de 300.000 morts en janvier 2010, oppose le chanteur populaire Michel Martelly, 50 ans, à l'ex-première dame Mirlande Manigat, 70 ans.

De récents sondages donnaient une légère avance à Martelly.

Même si le dépouillement a débuté immédiatement après la fermeture des bureaux de vote - à 16h00 (21h00 GMT) dans l'ensemble du pays, à 17h00 à Port-au-Prince - les résultats préliminaires ne seront pas communiqués avant dix jours, le 31 mars, comme le veut la loi électorale. Les résultats définitifs doivent être annoncés le 16 avril.

Le président du Conseil électoral provisoire, Gaillot Dorsinvil, s'est félicité de la forte participation à ce premier second tour d'une élection présidentielle dans l'histoire du pays caraïbe.

La police et des responsables locaux ont déclaré que les violences électorales avaient fait trois morts, deux dans la région centrale d'Artibonite et un autre à Mare Rouge, dans le Nord-Ouest.

Les casques bleus de la Minustah, la mission des Nations unies dans le pays, sont intervenus à plusieurs reprises lors d'incidents disséminés. Ils ont tiré en l'air pour séparer des partisans des deux camps.

Mais en dépit de retards initiaux à Port-au-Prince, où certains bureaux ne disposaient pas du matériel nécessaire, les observateurs internationaux ont déclaré que le scrutin semblait s'être déroulé de manière bien moins chaotique que le premier tour le 28 novembre, marqué par des accusations de fraude.

UN "MOMENT HISTORIQUE"

"Globalement, la journée semble avoir été bien meilleure. L'atmosphère était plus détendue", a noté le chef de la mission des observateurs de l'Organisation des Etats américains et de la Communauté caraïbe, Colin Granderson.

A l'heure d'ouvrir les bureaux de vote, certains ne disposaient pas de l'encre nécessaire pour marquer le doigt des personnes ayant voté, de bulletins de vote, d'étiquettes pour identifier les urnes, et même parfois des urnes elles-mêmes.

Dans plusieurs bureaux, les électeurs, d'abord mécontents, ont applaudi l'arrivée du matériel manquant.

Quelque 4,7 millions d'électeurs étaient appelés à choisir entre un nouveau venu sur la scène politique, Michel Martelly, et Mirlande Manigat, une figure de l'opposition.

Certains observateurs redoutent que le long intervalle entre l'élection et l'annonce des résultats provisoires n'augmente le risque de violences entre partisans des deux candidats. Mais ces derniers, souligne le CEP, ont promis de ne pas revendiquer la victoire ni de tenir de rassemblements avant le 31 mars.

Martelly, qui a voté dans le quartier de Pétionville au milieu de partisans enthousiastes, a salué un moment historique. "Je suis ravi que le changement soit enfin arrivé", a-t-il dit.

Le président sortant René Préval, qui votait dans la capitale, a lancé un appel au calme. Il a qualifié le vote de pas important pour consolider la démocratie dans le pays.

Le retour, vendredi à l'avant-veille du vote, de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, a été critiqué par l'Onu et les Etats-Unis, qui craignaient qu'il ne perturbe le vote.

L'ancien prêtre catholique, qui accuse Washington d'avoir soutenu le soulèvement qui l'a renversé en 2004, n'est toutefois pas candidat et son entourage assure qu'il se tiendra en dehors de la scène politique.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français