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Feu vert de l'OLP aux discussions indirectes avec Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre), lors d'une réunion du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). L'instance dirigeante du mouvement a donné son feu vert à l'ouverture de négociations de paix

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre), lors d'une réunion du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). L'instance dirigeante du mouvement a donné son feu vert à l'ouverture de négociations de paix - -

par Ali Saouafta RAMALLAH, Cisjordanie - Le comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a approuvé samedi le principe de...

par Ali Saouafta

RAMALLAH, Cisjordanie (Reuters) - Le comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a approuvé samedi le principe de l'ouverture de négociations de paix indirectes avec Israël sous les auspices de l'émissaire américain dans la région, l'ex-sénateur George Mitchell.

L'instance dirigeante du mouvement a donné son feu vert à ces pourparlers dits de proximité, prévus sur quatre mois, lors d'une réunion organisée à Ramallah, en Cisjordanie occupée, ouvrant la voie à une reprise des discussions de paix gelées depuis l'offensive israélienne à Gaza fin 2008.

"Pour ce qui nous concerne, nous pouvons annoncer aujourd'hui le lancement des négociations indirectes", a dit Yasser Abed Rabbo, membre du comité exécutif, à l'issue d'une séance de plusieurs heures.

"Ces négociations prendront la forme de 'navettes' (de George Mitchell) entre le président Abou Mazen et le Premier ministre (israélien Benjamin) Netanyahu", a-t-il ajouté.

Abou Mazen est le nom de guerre du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, que Mitchell doit rencontrer dans la journée. Le début des "navettes" de l'émissaire américain pourrait être officiellement annoncé à cette occasion.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu "salue la reprise des discussions de paix", a déclaré son porte-parole, Nir Hefez. "La position d'Israël était et reste que les discussions doivent être menées sans conditions préalables et qu'elles doivent déboucher rapidement sur des négociations directes", a-t-il ajouté en citant Netanyahu.

A Washington, le département d'Etat s'est réjoui du feu vert de l'OLP, qualifié par le porte-parole de la diplomatie américaine, P.J. Crowley, de "mesure importante et bienvenue".

Les pays de la Ligue arabe avaient approuvé le 1er mai la tenue de quatre mois de "discussions de proximité" dont l'ouverture, initialement prévue en mars, avait été reportée après l'annonce par Israël d'un projet de construction de logements pour colons juifs en territoire occupé, près de Jérusalem.

LA QUESTION DES COLONIES

Tous les dossiers, y compris Jérusalem, les frontières et les réfugiés, doivent être abordés lors de ces pourparlers, a souligné Abed Rabbo.

La semaine dernière, le vice-Premier ministre israélien Dan Meridor a jugé "étranges" de telles discussions indirectes, après seize ans de pourparlers directs.

"Je pense qu'il est clair pour tout le monde que de véritables discussions sont des discussions directes, et je ne pense pas qu'il y ait une chance de percée significative avant l'ouverture de négociations directes", a-t-il dit.

Nabil Abou Rdainah, porte-parole d'Abbas, a déclaré que les négociations montreraient dans quelle mesure le gouvernement israélien veut vraiment la paix et qu'elles "testeraient la sincérité" de l'administration Obama quant à sa volonté de parvenir à l'établissement d'un Etat palestinien.

Les Palestiniens refusent une reprise des discussions directes avec les Israéliens tant que ceux-ci ne mettent pas fin à leur politique de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, la partie arabe de la ville sainte.

Netanyahu s'est engagé à ne pas arrêter les constructions de logements pour les juifs à Jérusalem-Est.

Mais après avoir irrité Washington en annonçant en mars un projet de construction de 1.600 logements pendant une visite du vice-président américain Joe Biden, Israël n'a pas approuvé de nouvelles constructions pour des juifs à Jérusalem-Est, ce qui est considéré par certains hommes politiques israéliens comme un gel de fait.

Mahmoud Abbas doit être reçu ce mois-ci à Washington par le président Barack Obama. Leur dernière rencontre remonte à septembre, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York.

Environ 500.000 colons juifs vivent dans les territoires arabes occupés par les Israéliens lors de la guerre de 1967, où résident deux millions et demi de Palestiniens.

Avec Allyn Fisher-Ilan à Jérusalem, Jean-Loup Fiévet et Guy Kerivel pour le service français