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Explosions à Beyrouth: Emmanuel Macron en route pour la capitale libanaise

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron. - AFP

Deux jours après les dramatiques explosions qui ont dévasté le port de la ville, le président de la République doit rencontrer de nombreux acteurs de la vie politique locale dont son homologue Michel Aoun.

Moins de 48 heures après les terribles explosions qui ont fait au moins 137 morts et plus de 5000 blessés à Beyrouth, Emmanuel Macron est attendu ce jeudi dans la capitale libanaise, une ville en état d'urgence et en proie au chaos, où 300.000 personnes sont désormais sans domicile. Le chef d'État a décollé peu avant 8h du matin.

Rencontre avec les principaux responsables libanais

Premier chef d'Etat à se rendre au Liban depuis la catastrophe, il y sera confronté à une situation "apocalyptique", celle de centaines de milliers de personnes brutalement privées de toit et de ressources. Emmanuel Macron est attendu à la mi-journée, il sera accueilli par Michel Aoun, Président de la République libanaise, puis se rendra directement sur le lieu de la catastrophe, au port.

Avant une conférence de presse prévue en fin d'après-midi et un retour en France dans la soirée, Emmanuel Macron devrait également s'entretenir avec les principaux responsables libanais dont Michel Aoun, qui le recevra au Palais présidentiel Baabda, mais aussi Hassan Diab, Président du Conseil des ministres libanais et Nabih Berri, Président de la Chambre des députés de la République libanaise.

Accompagné d'une délégation de 7 personnes dont le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, il se rendra également à la Résidence de l'Ambassadeur pour s'entretenir avec des forces politiques et représentants des mouvements civils.

"La situation est apocalyptique"

Plusieurs pays dont la France ont déjà dépêché des équipes de secouristes et du matériel pour faire face à l'urgence après la double explosion présentée comme accidentelle par les autorités qui a ravagé le port et une grande partie de la capitale.

"La situation est apocalyptique, Beyrouth n'a jamais connu ça de son histoire", a lancé le gouverneur de la ville, Marwan Abboud, qui avait éclaté en sanglots mardi devant les caméras face au port dévasté. Jusqu'à 300.000 personnes sont sans domicile selon lui. L'état d'urgence a été décrété pendant deux semaines.

Les énormes déflagrations, les pires vécues par le Liban, ont été déclenchées par un incendie qui s'est déclaré dans un entrepôt abritant depuis six ans quelque 2750 tonnes de nitrate d'ammonium, "sans mesures de précaution", selon les autorités. Elles ont pratiquement détruit le port et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth, soufflant les vitres des kilomètres à la ronde.

Des dizaines de personnes restaient portées disparues mercredi selon le gouvernement, tandis que les secouristes poursuivaient leurs recherches dans l'espoir de retrouver des survivants.

Un pays au bord de l'abîme

Cette tragédie frappe un pays plongé depuis des mois dans une très grave crise économique, marquée par une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques.

Ses effets ont été encore aggravés par la pandémie de coronavirus, qui a contraint ces derniers mois les autorités à confiner pendant plus de trois mois sa population.

L'Agence de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation, la FAO, dit à présent craindre à brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le Liban, des silos de céréales installés près du port ayant été éventrés.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV