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Un millier de réfugiés quitte la gare de Budapest à pied "pour l'Autriche"

Les migrants, parmi lesquels des enfants et des personnes en fauteuil roulant, ont traversé l'un des principaux pont sur le Danube sans être inquiétés par les forces de l'ordre.

Les migrants, parmi lesquels des enfants et des personnes en fauteuil roulant, ont traversé l'un des principaux pont sur le Danube sans être inquiétés par les forces de l'ordre. - Peter Kohalmi - AFP

Plus d'un millier de migrants ont quitté vendredi en début d'après-midi la gare principale de Budapest pour tenter de se rendre à pied "en Autriche". Certains étaient bloqués depuis plusieurs jours dans la capitale hongroise, alors que Budapest a multiplié les tentatives pour les transférer contre leur gré dans des camps de premier accueil.

La situation reste tendue en Hongrie vendredi où un nombre croissant de migrants cherchent toujours à échapper aux forces de l'ordre, afin de ne pas compromettre leurs chances d'obtenir l'asile en Allemagne ou en Autriche.

A la gare Budapest-Keleti, ils étaient encore des centaines à attendre une solution et camper où ils pouvaient. Et parmi les enfants, un journaliste de la BBC a pris en photo une petite fille de trois jours allongée sur le sol

Bloqués pour certains depuis plusieurs jours, plus d'un millier de migrants ont quitté en début d'après-midi la gare principale de Budapest pour tenter de se rendre à pied "en Autriche", après la suspension mardi des liaisons ferroviaires internationales par les autorités hongroises.

Train toujours immobilisé à Bickse

Ils souhaitaient ne pas connaître le même sort que ceux qui sont monté dans un train les guidant vers un camp alors qu'ils pensaient rejoindre la frontière autrichienne. Ils sont quelques 200 personnes à avoir refusé de descendre d'un train dans la petite gare de Bicske, à une quarantaine de kilomètres de Budapest. Jeudi, les autorités hongroises avaient tenté de transférer les passagers dans des bus à destination du camp de réfugiés local, suscitant une bronca des migrants.

"Tuez-moi, tuez-moi, je préfère mourir que d'aller dans un camp!", a lancé un Irakien à la police, face aux caméras. "Nous avons besoin d'une solution, nous n'irons pas dans un camp", a-t-il lancé. La majorité d'entre eux continuaient vendredi matin de refuser l'eau et la nourriture proposées par les policiers et les secouristes hongrois.

Pour empêcher ce type d'échange, les autorités ont dépêché un train entre les journalistes massés dans un coin et les réfugiés massés entre une clôture et le train.

En fin d'après-midi, de nombreux policiers casqués semblaient prêt à intervenir sur "le train de la honte", selon l'envoyé spécial de BFMTV Fabien Crombé.

Evasion à Röszke

Quelque 300 migrants se sont évadés vendredi matin d'un camp hongrois de premier accueil situé près de la frontière serbe à Röszke. Il rassemble environ 1.500 migrants, interpellés dans leur grande majorité après leur passage de la frontière serbo-hongroise.

La Hongrie renforce en urgence sa législation anti-migrants

La Hongrie, l'un des principaux pays de transit en Europe centrale, a vu arriver quelque 3.300 nouveaux migrants pour la seule journée de jeudi, a indiqué le Haut-commissariat de l'Onu pour les réfugiés vendredi.

Le Parlement hongrois a renforcé vendredi sa législation anti-migrants. Proposée par le gouvernement du Premier ministre populiste Viktor Orban, la nouvelle législation renforce notamment les possibilités de déploiement de l'armée aux frontières et rend l'immigration illégale passible jusqu'à trois ans de prison.

Adopté en urgence, à une large majorité de 140 voix contre 33, l'ensemble de textes proclame l'"état de crise", qui précède l'état d'urgence en Hongrie et accorde des prérogatives accrues aux pouvoirs publics.

"Une nouvelle ère commencera le 15 septembre", date prévue de l'entrée en vigueur de la nouvelle législation, a encore déclaré Viktor Orban, qui revendique depuis plusieurs mois le retour à des prérogatives nationales en matière d'immigration au sein de l'Union européenne.

Le pays avait déjà fait ériger cet été une clôture barbelée sur sa frontière serbe.

K. L. avec Fabien Crombé et AFP