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Ukraine: Obama exprime "sa profonde inquiétude"

Barack Obama, ici le 7 avril, se dit "profondément inquiet" du soutien du gouvernement russe aux actions des séparatistes armés à l'Est de l'Ukraine.

Barack Obama, ici le 7 avril, se dit "profondément inquiet" du soutien du gouvernement russe aux actions des séparatistes armés à l'Est de l'Ukraine. - -

Alors que les tensions s'intensifient chaque jour un peu plus dans l'Est de l'Ukraine, où des pro-Russes armés ont pris possession de plusieurs bâtiments officiels, le président américain a demandé à Vladimir Poutine de les convaincre de déposer les armes.

Washington hausse le ton face aux séparatistes pro-russes. Le président américain Barack Obama a demandé à son homologue russe Vladimir Poutine de convaincre les insurgés armés pro-russes de l'Est de l'Ukraine de déposer les armes, alors qu'ils sont repassés à l'offensive lundi. Lors d'un entretien téléphonique, Barack Obama "a souligné la nécessité que toutes les forces irrégulières dans le pays déposent les armes, et pressé le président Poutine d'user de son influence avec ces groupes armés pro-russes, pour les convaincre de déposer les armes", a indiqué lundi soir la Maison Blanche.

Inquiétudes des deux côtés

Barack Obama a également exprimé "sa profonde inquiétude concernant le soutien du gouvernement russe aux actions de séparatistes armés pro-russes, qui menacent d'ébranler et de déstabiliser le gouvernement en Ukraine". Vladimir Poutine a de son côté qualifié les accusations d'ingérence de Moscou de "conjectures" reposant "sur des informations infondées", selon le Kremlin.

Confrontée depuis samedi à des assauts visiblement coordonnés par des activistes pro-russes, mais aussi des groupes d'hommes armés aux uniformes sans identification, l'Ukraine, forte de 46 millions d'habitants, apparaît plus que jamais menacée d'éclatement entre l'Est russophone et le Centre et l'Ouest tournés vers l'Europe.

Le Kremlin a annoncé que Vladimir Poutine recevait de "nombreuses demandes" d'aide des régions de l'Est ukrainien et suivait la situation avec "beaucoup d'inquiétude". Des déclarations qui renforcent les craintes d'intervention militaire -la Russie ayant massé jusqu'à 40.000 hommes à la frontière selon l'Otan, et le président russe soulignant depuis longtemps qu'il assurerait "à tout prix" la sécurité des populations russophones de l'ex-URSS.

Washington et Moscou s'accusent mutuellement

Signe de tension supplémentaire, Washington a dénoncé une provocation contre un de ses navires en mer Noire par un chasseur-bombardier russe. Les Etats-Unis ont par ailleurs dû admettre que le chef de la CIA John Brennan s'était rendu à Kiev ce week-end, une visite prévue, assure la Maison Blanche, alors que Moscou dénonce une collusion avec les autorités ukrainiennes en place depuis le renversement fin février d'un régime pro-russe et que le Kremlin ne reconnaît pas.

Sur le terrain, des manifestants pro-russes armés de gourdins et de pierres se sont emparés des sièges de la police et de la municipalité à Gorlivka, localité de 250.000 habitants dans la province de Donetsk, frontalière de la Russie. Kiev avait de son côté annoncé une "opération antiterroriste de grande envergure" pour reprendre la main face aux pro-Russes qui tiennent des bâtiments publics dans une demi-douzaine de villes de l'Est, mais aucune activité militaire loyaliste n'avait été constatée par les journalistes de l'AFP dans la région, hormis quelques survols d'aéronefs.

Les pourparlers menacés

Ce regain de tensions fait peser une incertitude sur des pourparlers prévus pour jeudi à Genève. Selon l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, la réunion serait "menacée si les opérations militaires commençaient dans l'est de l'Ukraine". Les ministres européens des Affaires étrangères ont eux mis en cause la Russie dans cette "escalade" et décidé lundi d'allonger la liste des personnalités russes et ukrainiennes pro-russes sous le coup de sanctions.

Ils ont donné leur feu vert à un prêt d'environ un milliard d'euros à Kiev, qui a également obtenu une garantie de crédit des Etats-Unis d'un milliard de dollars. Les Européens sont inquiets de la menace russe de couper les livraisons de gaz à l'Ukraine, par laquelle transite 13% du gaz consommé par l'UE. L'arme peut toutefois être à double tranchant. La Russie est en effet déjà affectée économiquement par la crise.

A.S. avec AFP