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Ukraine: toujours à l'offensive, les pro-russes demandent l'appui de Poutine

Un activiste pro-russe accompli un geste menaçant alors qu'il garde un barricade à Slaviansk dans l'est de l'Ukraine, le 14 avril 2014.

Un activiste pro-russe accompli un geste menaçant alors qu'il garde un barricade à Slaviansk dans l'est de l'Ukraine, le 14 avril 2014. - -

Les insurgés armés pro-russes sont repassés à l'offensive lundi dans l'Est de l'Ukraine, demandant l'aide de Vladimir Poutine qui a fait part de son "inquiétude", alors que le gouvernement pro-européen de Kiev cherchait une issue politique et en appelait à l'ONU. BFMTV.com fait le point sur la situation.

L'ultimatum de Kiev n'y aura rien fait, les séparatistes pro-russes ont continué lundi à mener des offensives manifestement coordonnées dans l'est de l'Ukraine. Si la ville de Slaviansk, déjà largement occupée, a été relativement épargnée, des bâtiments officiels ont été investis par des activistes qui défient, dans plusieurs villes du pays, le gouvernement ukrainien. Le point sur la situation.

> Des bâtiments officiels investis par des pro-russes

Le drapeau de la République de Donetsk flotte, ce lundi, sur le toit du commissariat de Gorlevka, pris d'assaut par plusieurs centaines de personnes. A Louhansk, une administration régionale a également été évacuée et investie par les pro-Russes. Même chose, à Horlivka, ville de 300.000 habitants où une centaine de séparatistes a pris d'assaut le siège de la police. Encore, à Kramatorsk, Enakiyeve, Donetsk, Marioupol plus au sud, des bâtiments officiels sont tombés aux mains des assaillants.

L'opération "antiterroriste" annoncée ce lundi matin par les autorités ukrainiennes n'aura donc pas vraiment porté ses fruits. Le président par intérim ukrainien, Olexandre Tourtchinov, a d'ailleurs demandé à l'ONU d'apporter son aide à "l'opération antiterroriste" lancée par Kiev. "Nous accueillerions votre aide pour mener une opération conjointe", a-t-il lancé.

> Chacun en appelle à ses alliés: Kiev à l'occident et les séparatistes à Poutine

Les séparatistes ont appelé à l'aide la Russie pour qu'elle leur prête main-forte. Le président Poutine a expliqué avoir reçu "de nombreux" appels à l'aide provenant de l'Est de l'Ukraine.

Ce regain de tension a fait craindre que Moscou, qui a massé jusqu'à 40.000 hommes à la frontière, ne saisisse ce prétexte pour une intervention, le président Vladimir Poutine ayant promis de défendre "à tout prix" les ressortissants russes dans l'ex-URSS.

Le président intérimaire ukrainien Olexandre Tourtchinov a, quant à lui, appelé à l'ONU, estimant dans un entretien téléphonique avec Ban Ki-moon, secrétaire général de l'organisation, que la présence sur le terrain de "professionnels et d'observateurs pourrait attester de la légitimité de nos actions". Pour la première fois, il a également évoqué l'idée d'un référendum national pour sortir de la crise.

> Occidentaux et Russes s'accusent mutuellement

Mais sur le plan international, le dialogue de sourds entre Occidentaux et Russes initié lors de la réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU dimanche soir, a continué. Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a fustigé l'hypocrisie des Occidentaux qui "dépasse les bornes". Il s'est aussi agacé d'une visite du chef de la CIA John Brennan à Kiev. Celle-ci a été confirmée mais aussi minimisée par la Maison Blanche.

De leur côté, les Occidentaux ont également haussé le ton, faisant savoir à la Russie qu'ils n'étaient pas dupes quant à la présence des "hommes verts", du nom donné aux groupes armés à l'oeuvre dans l'Est du pays. François Hollande et Barack Obama ont échangé sur la crise ukrainienne et partagent "la même inquiétude". Le président français a exprimé avec son homologue américain "l'espoir que la réunion prochaine d'un groupe de contact puisse amorcer un dialogue" entre les deux camps. 

Enfin, l'Union européenne a décidé en fin de journée d'élargir la liste des personnalités russes et ukrainiennes pro-russes sous le coup de sanctions. Le nombre et les noms des personnes visées seront définis par le service diplomatique de l'UE, qui a déjà placé sur cette liste 33 personnalités, dont des proches du président russe Vladimir Poutine, après le rattachement de la Crimée à la Russie.

David Namias