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Ukraine: Hollande, Merkel, Poutine et Porochenko jouent leur dernière carte à Minsk

Un séparatiste pro-Russe en patrouille dans les rues d'Uglgorsk, à l'est de l'Ukraine. De nouveaux pourparlers cruciaux vont se dérouler, ce mercredi à Minsk, pour trouver un accord de paix entre l'Ukraine et les sécessionnistes de l'Est, François Hollande et Angela Merkel seront au coeur des négociations.

Un séparatiste pro-Russe en patrouille dans les rues d'Uglgorsk, à l'est de l'Ukraine. De nouveaux pourparlers cruciaux vont se dérouler, ce mercredi à Minsk, pour trouver un accord de paix entre l'Ukraine et les sécessionnistes de l'Est, François Hollande et Angela Merkel seront au coeur des négociations. - Dominique Faget - AFP

De nouveaux pourparlers cruciaux vont se dérouler, ce mercredi à Minsk, pour trouver un accord de paix entre l'Ukraine et les sécessionnistes de l'Est. Tout comme la semaine dernière, le tandem formé par François Hollande et Angela Merkel sera au cœur des négociations.

Au lendemain d'une énième journée sanglante dans l'Est ukrainien, des négociations cruciales doivent encore se tenir ce mercredi, à Minsk, en Biélorussie. Tout comme la semaine dernière, le tandem formé par le président de la République François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel va se retrouver au coeur des discussions, auxquelles participeront également Vladimir Poutine et Petro Porochenko, les présidents de Russie et d'Ukraine.

Objectif toujours non-atteint malgré la multiplication des sommets: tenter de mettre fin à un conflit qui n'a de cesse de s'empirer, où plus de 5.300 morts en dix mois sont déjà à déplorer.

Une réunion grandement préparée mardi

Avant cette nouvelle rencontre au sommet, les séparatistes prorusses ont présenté dès mardi leurs propositions de règlement aux négociateurs réunis à Minsk en vue du sommet de ce jour.

"Nous avons soumis aux participants du Groupe de contact un projet de protocole qui prévoit une série de mesures en vue d'un règlement politique et militaire", a déclaré à ce titre l'émissaire de la république autoproclamée de Donetsk Denis Pouchiline. 

Le Groupe de contact, composé de représentants de Kiev, de Moscou et de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), "a promis de donner une réponse", a-t-il ajouté, soulignant qu'"il est trop tôt pour parler d'un cessez-le-feu".

Barack Obama met en garde Vladimir Poutine

De son côté, exprimant son inquiétude sur "le soutien continu de la Russie aux séparatistes", le président américain Barack Obama a prévenu mardi au téléphone le président russe Vladimir Poutine que l'échec de ces négociations de paix organisées à l'initiative de la France et de l'Allemagne aurait des conséquences pour Moscou.

Le président des Etats-Unis a "souligné l'importance pour le président Poutine de saisir l'occasion" de ces pourparlers "pour tenter de trouver une solution pacifique au conflit", avertissant que "si la Russie continue ses actions agressives en Ukraine, en envoyant notamment des soldats, des armes et en finançant les rebelles, le prix à payer pour la Russie augmentera", selon un communiqué de la Maison Blanche. Au cours d'un autre entretien téléphonique, Obama et son homologue ukrainien Porochenko ont dit espérer tous deux des "progrès" pour ce mercredi.

François Hollande affiche sa détermination

Pour sa part, François Hollande a affirmé aller à Minsk avec Angela Merkel avec "la ferme volonté d'aboutir" à un accord en vue de rétablir la paix en Ukraine, tandis que le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s'est entretenu au téléphone avec ses homologues russe et ukrainien "pour plaider en faveur d'un compromis sur les questions difficiles".

S'il n'a pas été rendu public, le plan franco-allemand vise à faire appliquer les accords de paix conclus en septembre dans la capitale bélarusse, mais plusieurs points restent en suspens. L'Ukraine insiste notamment sur le respect de la ligne de front telle qu'elle existait en septembre, alors que les séparatistes occupent 500 km2 supplémentaires depuis.

Concernant le "statut des territoires" conquis par les rebelles, Moscou insiste sur une "fédéralisation", quand l'Ukraine ne parle que de "décentralisation". Autre pomme de discorde : la question de la surveillance de la frontière ukraino-russe dans les territoires aux mains des rebelles. Kiev propose de la contrôler en commun avec l'OSCE, mais Moscou, estimant que cette question n'est pas de son ressort, exige du gouvernement ukrainien qu'il se mette d'accord avec les rebelles, d'après une source gouvernementale ukrainienne.

Jé. M. avec AFP