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Présidentielle en Pologne: le conservateur Duda donné légèrement en tête

Le président polonais Andrzej Duda (à droite) et son rival à la présidentielle Rafal Trzaskowski font tous deux le signe de la victoire lors de la divulgation des premiers résultats, le 12 juillet 2020

Le président polonais Andrzej Duda (à droite) et son rival à la présidentielle Rafal Trzaskowski font tous deux le signe de la victoire lors de la divulgation des premiers résultats, le 12 juillet 2020 - Wojtek RADWANSKI, JANEK SKARZYNSKI © 2019 AFP

Durant sa campagne, le président sortant a notamment attaqué les droits des personnes LGBT et rejeté l'idée d'indemnisations pour les biens juifs volés par les nazis et sous le régime communiste.

Le président conservateur polonais Andrzej Duda devançait légèrement le maire libéral pro-européen de Varsovie Rafal Trzaskowski au second tour de l'élection présidentielle de dimanche, selon un sondage à la sortie des urnes affiné dans la nuit.

Andrzej Duda recueillait 51,0% des voix devant Rafal Trzaskowski (49,0%), selon le troisième et dernier sondage de l'institut Ipsos, dont la marge d'erreur estimée est d'un point de pourcentage.

Le premier sondage à la sortie des urnes donnait une différence moins importante, à l'issu d'une élection disputée à couteaux tirés, qui a connu un taux de participation très élevé pour la Pologne, de 67,9%.

Un scrutin décisif pour le gouvernement

Le président Duda est soutenu par le parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS, au pouvoir), alors que le maire de Varsovie représente le principal parti d'opposition centriste Plateforme civique (PO), qui promet notamment de rétablir les liens avec Bruxelles tendus depuis l'arrivée du PiS au pouvoir en 2015.

"Je suis satisfait de ma victoire, même si c'est un sondage de sortie pour l'instant", a déclaré Andrzej Duda entouré de sa femme et de sa fille, devant ses supporters.

Rafal Trzaskowski a souligné que "le résultat n'a probablement jamais été aussi proche dans l'histoire de la Pologne".

L'issue du second tour est décisive pour l'avenir du gouvernement PiS, que ses détracteurs accusent de faire reculer les libertés démocratiques acquises il y a trois décennies à la chute du communisme.

Vers une bataille judiciaire?

Andrzej Duda, qui a promis de défendre les aides sociales populaires mises en place par le PiS, a bénéficié du soutien ferme d'agriculteurs, ouvriers, chômeurs et retraités, alors que Rafal Trzaskowski a tenté de réunir un électorat bien plus disparate.

"C'est une Pologne divisée en deux qui sort de ces élections (...) et il sera difficile d'apaiser la situation et de renouer les liens entre les deux camps", a estimé le politologue Kazimierz Kik de l'Université de Kielce, dans le sud de la Pologne.

"La Pologne se réveille devant un triste champ de bataille avec les deux camps vaincus, car nul ne peut crier victoire", a-t-il ajouté.

Selon des analystes, la lutte risque de se poursuivre devant la justice. "Je pense qu'il y aura certainement des manifestations et je pense que toute la question se retrouvera devant la Cour suprême", a déclaré Anna Materska-Sosnowska, politologue à l'Université de Varsovie.

"Deux visions de la Pologne"

Le président sortant a fait une campagne polarisante, attaquant notamment les droits des personnes LGBT et rejetant l'idée d'indemnisations pour les biens juifs volés par les nazis et sous le régime communiste.

"Ces élections sont une confrontation de deux visions de la Pologne, entre le blanc-et-rouge et l'arc-en-ciel", avait résumé vendredi le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro, faisant référence au drapeau national polonais et au symbole utilisé par la communauté LGBT.

Rafal Trzaskowski, quant à lui, est favorable aux partenariats civils y compris entre personnes du même sexe. Sa décision de signer une déclaration de soutien aux LGBT a incité nombre de régions de l'est rural et le plus conservateur du pays à se proclamer "zones libres de LGBT".

Il a également promis de faire marche arrière concernant les réformes controversées du système judiciaire qui valent à la Pologne des critiques de Bruxelles.

M.D. avec AFP