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L'Ukraine et la Russie "doivent développer leur partenariat stratégique"

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch et son homologue russe Vladimir Poutine à Moscou le 17 décembre 2013

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch et son homologue russe Vladimir Poutine à Moscou le 17 décembre 2013 - -

Les deux hommes doivent à l'issue de leurs négociations signer plusieurs accords de coopération alors que des medias ont évoqué un prêt pouvant aller jusqu'à 15 milliards de dollars.

L'Ukraine et la Russie doivent développer leur "partenariat stratégique", a déclaré mardi le président ukrainien Viktor Ianoukovitch lors d'une rencontre au Kremlin avec son homologue russe Vladimir Poutine.

"La rencontre d'aujourd'hui est dans une certaine mesure stratégique. Nous ne devons pas nous arrêter là, nous devons développer notre partenariat stratégique", a déclaré le président ukrainien au début de ces entretiens, alors que l'opposition a mobilisé des centaines de milliers de personnes en Ukraine depuis la suspension fin novembre de l'accord d'association avec l'Union européenne, qui était en préparation depuis 3 ans.

Les deux hommes doivent à l'issue de leurs négociations signer plusieurs accords de coopération. Des médias ont aussi évoqué un prêt pouvant aller jusqu'à 15 milliards de dollars de la Russie à l'Ukraine, pays qui fait face à une profonde crise économique et financière.

Viktor Ianoukovitch a dans le passé justifié sa volte-face sur l'accord d'association par le fait qu'il aurait des conséquences désastreuses pour l'économie de l'Ukraine, très dépendante de la Russie.

Klitschko appelle à une élection en mars

L'opposition l'accuse de vouloir "vendre" le pays à la Russie, qui cherche à convaincre Kiev d'entrer dans l'Union douanière qu'elle mène, au côté du Bélarus et du Kazakhstan. Aussi bien les autorités ukrainiennes que russes ont affirmé que cette question n'était pas à l'ordre du jour de la rencontre de mardi.

Mais Viktor Ianoukovitch a souligné qu'il fallait remédier à la baisse des échanges commerciaux entre les deux pays. "Je pense qu'il faut coordonner ce travail non seulement entre nous, entre la Russie et l'Ukraine, mais aussi avec les autres pays de la CEI pour que fonctionne véritablement une zone de libre-échange", a-t-il dit.

A Kiev, le célèbre boxeur et opposant Vitali Klitschko a dit espérer que le président ne trahirait pas "les intérêts nationaux du pays", alors que l'opposition a affirmé qu'il pourrait céder à la Russie le système de gazoducs du pays pour obtenir un rabais sur le prix du gaz et un crédit.

Il a réclamé une élection présidentielle anticipée dès le mois de mars.

L'opposition, qui manifeste et occupe la place de l'Indépendance au centre de Kiev depuis près de quatre semaines, a mobilisé environ 300.000 personnes dimanche et appelle à un nouveau rassemblement ce mardi.

S.A. avec AFP