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Viaduc effondré à Gênes: "On courait pour rester en vie", témoigne un chauffeur rescapé

A quelques mètres près, le camion d'Idriss Afifi basculait dans le vide. Ce chauffeur routier, miraculé de la tragédie de Gênes, se confie à BFMTV.

Au lendemain du drame, Idriss Afifi réalise qu'il a frôlé la mort. Ce chauffeur routier circulait sur le viaduc Morandi à Gênes, mardi matin, lorsque celui-ci s'est subitement effondré, faisant 39 morts selon un dernier bilan. 

"Tout s'est écroulé d'un coup"

Idriss Afifi s'est stoppé net, à quelques dizaines de mètres du précipice dans lequel étaient déjà tombés plusieurs véhicules, avant d'abandonner son camion et de s'enfuir en courant. De nombreuses images montrent son camion toujours présent sur le pont. 

"J’ai tout vu. L’arc qui est au milieu, comme celui que l’on voit au loin, il a été frappé par la foudre. C’est le premier à s’être cassé, et puis les câbles ont lâché, et ils sont tombés d’un seul coup sur la route, ce n’est pas tombé morceau par morceau, tout s’est écroulé d’un coup", raconte-t-il à BFMTV.

Juste devant lui se trouvait un camion vert, le dernier véhicule qui n'a pas basculé dans le vide. "Il roulait et une voiture l’a doublé, il a freiné un peu, la voiture est passée devant lui et elle est tombée et lui s’est arrêté juste avant", se souvient Idriss.

Idriss Afifi circulait dans le camion gris, lorsque le viaduc s'est effondré.
Idriss Afifi circulait dans le camion gris, lorsque le viaduc s'est effondré. © BFMTV

"On a tous couru vers le tunnel"

Selon le chauffeur, tout s'est joué en l'espace de quelques secondes, le temps de s'enfuir le plus loin possible. 

"On courait pour rester en vie, je suis tombé plusieurs fois. On courait tous et on prévenait les gens derrière parce que eux ne savaient pas encore ce qui se passait, on avançait tous ensemble. On disait 'regardez le pont est tombé'. Il y avait quelqu’un qui ne voulait pas sortir de sa voiture alors des gens l’ont tiré de force et on a tous couru vers le tunnel", poursuit-il.

"Merci Dieu de m'avoir gardé en vie"

Nenad Vatovic, lui aussi chauffeur routier, se trouvait également sur le viaduc. Quand il a découvert ce qui s’était passé, il a tout laissé: "Mon GPS, un téléphone portable, mon ordinateur, mes papiers, toutes mes affaires", liste-t-il au micro de BFMTV.

"Quand j’ai appris à la télé qu’il y avait eu autant de morts, là je me suis dit qu’à 30 secondes près, je serais arrivé à cet endroit. J'étais à 150 mètres seulement donc merci Dieu de m’avoir gardé en vie, moi et les personnes qui ont réussi à se sauver. Il y avait tellement de voitures et de camions, tellement de personnes qui sont mortes, donc merci Dieu", ajoute Nenad Vatovic.

Les deux chauffeurs ne savent pas encore s’ils pourront récupérer leur véhicule. Ils commencent tout juste à réaliser leur chance inouïe. 

A.S. avec Laetitia Soudy et Hortense Gérard