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Le "geste fou" de Berlusconi plonge l'Italie dans une crise politique

Le geste de Berlusconi a plongé l'Italie dans une nouvelle crise politique.

Le geste de Berlusconi a plongé l'Italie dans une nouvelle crise politique. - -

Paniqué à l'idée de perdre son immunité parlementaire, Silvio Berlusconi a ouvert une nouvelle période d'incertitude politique pour l'Italie en poussant les ministres de son parti à démissionner.

"Geste fou" "indigne", "course dans le vide"... Dimanche matin, la presse italienne était unanime pour condamner la décision de Silvio Berlusconi de pousser les ministres de son parti à démissionner.

Officiellement, les ministres démissionnent pour dénoncer l'ultimatum d'Enrico Letta. Le chef du gouvernement italien avait demandé vendredi soir une clarification devant le Parlement à propos du soutien incertain du centre droit de Berlusconi à son gouvernement de coalition droite-gauche.

La démission des ministres du PDL atterre l'Italie. "La politique italienne s'est vidée de tout sens et se trouve privée de tout horizon", a déploré le respecté constitutionnaliste Stefano Rodotà.

Même Enrico Letta, à la tête d'un gouvernement de difficile coalition entre la gauche dont il est issu et le centre droit de Berlusconi, en a perdu son habituelle sérénité, évoquant "un geste fou et irresponsable, entièrement destiné à protéger les intérêts personnels" du milliardaire aux prises avec la justice.

Les enchères montent

Le feu couve depuis la condamnation définitive le 1er août de Silvio Berlusconi à quatre ans de prison (ramenés à un seul en raison d'une amnistie) pour fraude fiscale. En raison de son âge, - il "fête" ses 77 ans justement ce dimanche -, le magnat des medias n'ira pas derrière les barreaux mais il doit choisir dans les jours prochains entre l'assignation à résidence et les travaux d'intérêt général.

Autre perspective humiliante pour le Cavaliere, le Sénat doit se prononcer prochainement sur sa destitution, qui le privera de son immunité parlementaire alors qu'il redoute encore d'autres jugements, dont le procès en appel du Rubygate.

Plus s'approche l'échéance, plus les enchères montent. Jeudi, les parlementaires de son parti, le Peuple de la liberté (PDL) ont signé - mais pas remis - leur démission. Et samedi, ce sont les cinq ministres PDL qui annonçaient leur démission, dont le numéro deux du gouvernement Angelino Alfano, vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur.

Le président du Conseil devait rencontrer dans la journée le président Giorgio Napolitano, qui joue un rôle d'arbitrage dans les crises.

A. K. avec AFP