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Lampedusa: Frontex donne 2 millions d'euros supplémentaires à l'Italie

Un bateau de migrants, en 2008, sur la Méditerranée.

Un bateau de migrants, en 2008, sur la Méditerranée. - -

L'agence européenne de surveillance des frontières, Frontex, va doter l'Italie de deux millions d'euros en plus pour la surveillance de la Sicile et de Lampedusa, une semaine après le naufrage meurtrier au large de cette petite île.

Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes, a décidé de doter l'Italie de deux millions d'euros supplémentaires, après le naufrage au large de l'île de Lampedusa, a annoncé mercredi son vice-directeur.

"Nous avons décidé de redistribuer deux millions d'euros de notre budget à l'Italie, lui donnant la priorité sur d'autres missions, afin de prolonger l'opération Hermès jusqu'à novembre", a affirmé Gill Arias à l'agence de presse italienne Ansa.

Décision prise avant Lampedusa

L'opération Hermès concerne les îles Pélage, dont la plus grande est celle de Lampedusa, peuplée de 6.000 habitants et située au sud de la Sicile. Jeudi dernier, le naufrage d'un bateau de migrants, majoritairement érythréens, a fait entre 300 et 390 morts. Seuls 155 des quelque 550 réfugiés se trouvant à bord ont été secourus. A ce jour, 289 corps ont été repêchés.

"Il s'agit d'une décision interne, prise par l'agence en pleine autonomie, sans qu'il ne soit parvenu de demandes expresses de l'Italie ou de la Commission européenne, et avant la tragédie de Lampedusa", a précisé le vice-directeur de Frontex.

Budget de Frontex

Arias a ajouté que pour 2013, les fonds de l'agence étaient "épuisés" et que pour verser ces deux millions exceptionnels à l'Italie, "nous avons dû racler nos fonds de tiroir". Frontex, qui a permis de sauver des milliers de vies ces dernières années, n'a pas de moyens propres, et son budget a été réduit au nom de l'austérité imposée par la crise.

La commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a reconnu que l'une des premières demandes présentées aux Etats serait une contribution pour renflouer le budget de Frontex, réduit à 85 millions cette année, contre 118 millions d'euros en 2011.

Depuis le drame, la politique migratoire de l'Union européenne a été vivement critiquée, notamment par les pays du sud de l'Europe.

A.S. avec AFP