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En plein confinement, la justice italienne libère 373 mafieux et trafiquants de drogue

Les rues vides aux abords du Colisée, à Rome (Italie), le 10 mars 2020.

Les rues vides aux abords du Colisée, à Rome (Italie), le 10 mars 2020. - Alberto PIZZOLI / AFP

Une libération qui fait polémique en Italie, en période de confinement.

Une décision qui fait polémique. En Italie, la justice a décidé la libération de mafieux âgés ou en mauvaise santé durant la période de confinement instaurée en Italie pour endiguer le coronavirus. Ils sont 373 a en avoir bénéficié depuis début mars. La justice examine 456 autres demandes de libération, selon le quotidien La Repubblica.

Parmi les criminels autorisés à rentrer chez eux figurent notamment le boss de Cosa Nostra (la mafia sicilienne) Francesco Bonura, 78 ans, et Franco Cataldo, 85 ans, qui faisait partie du gang ayant tué le fils adolescent d'un repenti en 1996 et dissous son corps dans de l'acide.

Les juges ont été autorisés à libérer les détenus âgés de plus de 70 ans souffrant de pathologies les rendant particulièrement vulnérables au coronavirus, mais sans recevoir d'instructions particulières sur une éventuelle distinction entre mafieux et prisonniers ordinaires.

Des détenus à l'isolement

Cette décision a été prise après plusieurs émeutes en mars dirigées par des détenus ayant peur d'être contaminés dans les prisons surpeuplées, alors que le virus a fait près de 30.000 morts en Italie.

Le procureur antimafia Federico Cafiero s'est étonné jeudi de la libération de prisonniers pourtant déjà placés en isolement. Ce régime particulièrement sévère empêche les boss de diriger leur clan depuis leur cellule. "S'ils sont en isolement, il est évident qu'ils ne peuvent pas attraper (le virus) ou être contagieux", a-t-il observé.

Réagissant à ces critiques, le ministre de la Justice Alfonso Bonafede a affirmé qu'il élaborait un décret pour permettre aux juges de réviser les décisions de libérations maintenant que la pandémie est en partie endiguée, et que désormais toutes les nouvelles demandes de libérations seraient également contrôlées par des juges antimafia.

IV, avec AFP