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Islande: le néophyte Gudni Johannesson élu président

Gudni Johannesson en train de voter pour les élections présidentielles en Islande, le 25 juin 2016

Gudni Johannesson en train de voter pour les élections présidentielles en Islande, le 25 juin 2016 - Halldor Kolbeins - AFP

L'universitaire Gudni Johannesson a revendiqué dans la nuit de samedi à dimanche la victoire à l'élection présidentielle de l'Islande.

Si le scrutin a été quelque peu éclipsé par l'attente d'un match de football historique, il en fallait plus pour entamer l'enthousiasme de Gudni Johannesson. Cet universitaire a revendiqué dans la nuit de samedi à dimanche la victoire à l'élection présidentielle en Islande.

"Tous les suffrages n'ont pas été comptés, mais je pense que nous avons gagné", a déclaré à son QG de campagne ce candidat sans étiquette, qui fête également ses 48 ans dimanche.

D'après la chaîne de télévision publique RUV, après dépouillement de 53% des votes, Gudni Johannesson était en tête avec 37,7%. Il devançait Halla Tomasdottir, femme d'affaires et également sans étiquette, qui obtenait 29,9% des voix.

Euroscepticisme

La fonction de président en Islande est par tradition surtout protocolaire. Des élections législatives, plus importantes, sont prévues à l'automne. Mais les électeurs islandais ont apprécié la sobriété et l'indépendance de ces deux néophytes, dans un pays en quête de renouvellement de sa classe politique. Les partis traditionnels suscitent une forte défiance depuis la crise engendrée début avril par les Panama Papers, qui ont révélé qu'un nombre impressionnant d'Islandais avaient détenu des avoirs dans les paradis fiscaux.

Parmi les neuf candidats qui briguaient la succession d'Olafur Ragnar Grimsson, 73 ans dont 20 comme chef de l'État, l'historien a toujours été largement en tête des sondages, dès l'annonce de sa candidature. Hostile à une adhésion de l'île à l'Union européenne, Gudni Johannesson était aussi en phase avec l'euroscepticisme de la majorité des Islandais. La plupart n'ont pas vu d'un mauvais oeil la victoire du "Brexit" au Royaume-Uni à l'issue du référendum de jeudi. Mais son résultat est moins bon qu'attendu.

Un fan de football sans aspérités

L'universitaire, fin connaisseur de la vie politique qu'il a commentée comme observateur, veut contribuer à moderniser les institutions. Il plaide entre autres pour un référendum d'initiative populaire, et pour améliorer ou remplacer la Constitution écrite à l'occasion de l'indépendance en 1944.

Mais il ne compte pas bouleverser le système. Il a promis d'être dans la continuité de ses prédécesseurs: ne pas prendre parti dans les débats de société, et rester indépendant des groupes de pression ou partis. "Je m'efforcerai d'être non politique dans le champ politique", expliquait-il. Très lisse, sa campagne a donné une idée précise de son style. Jusqu'à parfois agacer la presse, qui a obtenu de lui des réponses sibyllines et empreintes de modération.

Enfin, Gudni Johannesson avait pour lui d'être un sincère passionné de football. Et ce n'est pas une mince affaire ces jours-ci: qualifiée pour la première fois pour un grand tournoi international, l'Islande réalise un superbe parcours à l'Euro-2016, et se prépare fiévreusement à un huitième de finale contre l'Angleterre lundi. Quand l'AFP lui a demandé, alors qu'il votait, ce qu'il ferait une fois élu, il a répondu: "La première chose, le plus important, c'est de me rendre en France lundi pour voir l'Islande jouer contre l'Angleterre".

H. M. avec AFP