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Explosions à Bruxelles: "Je me disais que ça ne m'arriverait jamais, c'est arrivé à 20 mètres de moi"

Un employé de l'aéroport de Bruxelles prenait son poste mardi matin lorsque la première explosion a eu lieu, tout près de lui. S'il s'en sort sans dommage, il regrette sur BFMTV que la sécurité ait été à ses yeux négligée jusqu'à présent dans l'aéroport.

Anthony travaille pour la société Swissport à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, en Belgique. Mardi matin, il rejoignait son poste sur le tarmac en compagnie d'un collègue lorsque la première explosion a retenti, à vingt mètres à peine de là où il se trouvait.

"Vingt mètres derrière moi, j'ai entendu une explosion", raconte le jeune homme à BFMTV. "En me retournant, j'ai vu plein de papiers qui s'envolaient. C'était clair que c'était une bombe".

"Mes oreilles se sont bouchées", ajoute l'employé de Swissport, confirmant la violence de la détonation. "Tout le monde a commencé à courir à gauche, à droite. Moi j'ai sauté sur le tapis à bagages, pour descendre".

Son collègue continue à courir dans le hall de l'aéroport et assiste à la deuxième explosion. "Il a vu un militaire qui tirait et quelqu'un qui était blessé, ou décédé, on ne sait pas, et quelqu'un avec une jambe en sang", rapporte Anthony.

Peur d'être découverts par un terroriste

Lui se cache avec deux autres personnes dans la zone de transit pour les bagages. À ce moment-là, le jeune homme pense que des terroristes sont présents dans le bâtiment, et que ce sont eux qui ont déclenché les explosions. "On n'avait qu'une peur", se rappelle-t-il. "S'ils descendent, s'ils nous voient, c'est fini".

Caché, Anthony en profite pour appeler les secours à deux reprises. Au numéro d'urgence, on lui répond de rester caché. Lui demande à ce qu'on leur envoie la police pour les évacuer, sans résultat. Avec les deux autres personnes, il décide alors de s'enfuir en empruntant un toboggan réservé aux bagages.

"Là on a vu un employé de DHL, qui nous a emmenés vers la sortie", explique Anthony. "On ne savait pas si c'était un terroriste habillé comme DHL, mais bon, il n'avait pas d'armes, il n'avait rien. Il nous a emmenés vers la sortie, sur le tarmac, où il n'y avait que des membres de DHL".

L'aéroport trop peu sécurisé

Encore sous le choc, Anthony n'en revient pas d'avoir réchappé à l'explosion.

"J'ai vraiment eu beaucoup de chance, parce que c'était à vingt mètres maximum derrière moi", souffle l'employé de Swissport. "Si ça avait été deux minutes plus tard, j'aurais pu ne plus être là, ou être blessé".

Selon lui, ce type d'attaque dans l'aéroport principal de Belgique n'est pas étonnant, car les mesures de sécurité laissaient jusqu'à présent à désirer.

"Tous les matins quand je suis ici, je vois des militaires qui font des rondes, c'est positif", explique le jeune homme. "Mais tout le monde sait rentrer avec des valises, des bombes. Il n'y a rien pour détecter les explosifs à l'entrée. Parfois on voit un policier avec un chien, mais pas tout le temps".

Si les consignes sont bien données de signaler tout bagage suspect ou abandonné, selon Anthony, ça ne peut pas être efficace. "Si quelqu'un rentre avec une valise et la pose là pendant deux minutes, personne ne va appeler la police", avance-t-il.

"C'est quand même la vie des gens", s'insurge Anthony. "Moi-même, je disais tout le temps que ça ne m'arriverait jamais, mais c'est arrivé à 20 mètres de moi, j'étais à deux minutes de la mort".
H. M. avec Guillaume Cordeaux