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Des patients hospitalisés chez des particuliers? La proposition fait débat au Royaume-Uni

Une ambulance devant les urgences d'un hôpital londonien (photo d'illustration)

Une ambulance devant les urgences d'un hôpital londonien (photo d'illustration) - Isabel Infantes-AFP

Les autorités sanitaires d'un comté britannique ont envisagé d'héberger des patients chez des particuliers, faute de place à l'hôpital. Le projet a été retoqué. Mais le ministre de la Santé ne l'a pas définitivement exclu.

Un Airbnb pour patients hospitalisés chez des particuliers au Royaume-Uni, ce n'est pas pour tout de suite. L'hôpital universitaire de l'Essex, un comté du sud-est de l'Angleterre, qui devait être impliqué dans cette expérimentation, a assuré qu'il n'en était pas question "pour le moment".

Le Health Service Journal, le journal de l'équivalent britannique de la Sécurité sociale, a révélé la semaine dernière que cet hôpital universitaire de Southend-on-Sea projetait de transférer après une hospitalisation certains patients, pas encore suffisamment rétablis pour rentrer chez eux, chez des particuliers.

56 euros par nuit 

Avec ce projet pilote, conjointement mené par les autorités sanitaires locales et la start-up Carerooms, les personnes disposant d'une chambre libre dans leur résidence située à proximité de l'hôpital auraient ainsi pu être rémunérées à hauteur de 56 euros par nuit et jusqu'à 1100 euros par mois pour accueillir ces malades en convalescence, pour une durée maximale de deux semaines. L'initiative devait être expérimentée chez dix hôtes avec une trentaine de patients vivant seuls ou ayant des problème de mobilité. 

Carerooms était ainsi à la recherche de candidats hôtes. Ces derniers n'auraient pas eu besoin de prouver une quelconque expérience dans le secteur médical, assurait The Independent. Seule condition: une salle de bains mise à disposition du patient. Les trois repas par jour auraient été fournis par l'hôpital.

Dix heures d'attente aux urgences

À l'origine de cette proposition: l'encombrement des services d'urgences britanniques et le manque de lits disponibles dans les hôpitaux. Les patients doivent en effet parfois attendre une dizaine d'heures avant d'être hospitalisés. Mais le projet a fortement divisé au Royaume-Uni et la polémique a rapidement enflé. L'opposition travailliste a pointé des risques pour la sécurité des malades ainsi qu'un effet "sparadrap" loin de régler les problèmes du NHS, le National Health Service.

Un porte-parole du ministère de la Santé a indiqué dans un premier temps qu'il s'agissait d'un "projet pilote local pour des patients ayant subi des opérations mineures". "Nous ne compromettrons jamais la sécurité et la qualité de soins de nos patients, a déclaré le directeur général adjoint de l'hôpital. Et nous ne soutiendrons ce projet que lorsque les précautions nécessaires et les dispositions seront mises en place."

Un piste qui n'est pas exclue

Après que l'hôpital a annoncé faire marche arrière, le ministre de la Santé a indiqué que cette piste n'était pas pour autant définitivement écartée, a-t-il déclaré à BBC. Selon lui, le projet doit être affiné: les hôtes devraient pouvoir justifier de compétences médicales et seuls les patients avec des pathologies légères, comme une jambe cassée, ne devraient être concernés.

"Je ne l'exclurais pas. Ce n'est pas une politique nationale, tout ce qui est novateur doit être examiné minutieusement et évalué avant d'être appliqué, a déclaré Philip Dunne. Mais je ne dirais pas de manière impulsive que de nouveaux modèles de soins pour la communauté sont forcément mauvais."

Céline Hussonnois-Alaya