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Des milliers de réfugiés attendent à la frontière gréco-macédonienne

Sur le camp grec d'Idomeni, des milliers de réfugiés font la queue pour obtenir un peu d'eau et de nourriture.

Sur le camp grec d'Idomeni, des milliers de réfugiés font la queue pour obtenir un peu d'eau et de nourriture. - Louisa Gouliamaki – AFP

Des centaines de migrants affluent chaque jour à Idomeni, en Grèce, mais ne peuvent pas franchir la frontière avec la Macédoine pour poursuivre leur périple vers le nord de l’Europe. Les passages y sont très limités. Sur place, les réfugiés patientent dans conditions difficiles.

Presque toutes les tentatives de passage en Macédoine sont vouées à l’échec. Rejetés à coups de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre lundi, les migrants affluent à Idomeni, du côté grec. Ils étaient 7.000 il y a deux jours, ils sont près de 9.000 désormais. Avec de telles arrivées, la Grèce a averti que près de 70.000 personnes risquaient d’être bloquées dans le pays en mars. De nouvelles restrictions de circulation sont entrées en vigueur la semaine dernière, limitant le nombre de migrants autorisés sur leurs territoires.

Des abris de fortune, souvent surchargés

Avant de poursuivre leur périple vers le nord de l’Europe, les réfugiés s’attèlent donc à trouver un abri. "Il n’y a pas assez de tentes pour tout le monde. Certains y dorment à trois ou quatre, d’autres doivent dormir dehors, sous la pluie et dans le froid", signalait mardi Laëtitia Soudy, l’envoyée spéciale de BFMTV sur place.

La nourriture manque également. Les files d’attente n’en finissent pas pour récolter du riz et de l’eau. "On nous donne un peu à manger, un peu à boire. Moi je peux tenir mais il y a beaucoup de femmes et d'enfants. Et il commence à y avoir des problèmes, pas à cause des ONG, mais à cause des gens qui se battent entre eux", témoigne Kassem, un réfugié syrien.

Quelques passages dans la nuit

Dans la nuit de mardi à mercredi, la Macédoine a rouvert très brièvement sa frontière avec la Grèce et laissé passer sur son territoire entre 170 et 190 réfugiés syriens et irakiens. Il s'agit des premiers groupes de migrants qui ont été autorisés à traverser cette frontière depuis lundi.

N’en faisant pas partie, Kassem déplore de son côté la mauvaise gestion des autorités sur place.

"La plupart des gens ont perdu leurs papiers en mer. Et la police grecque fait plein d'erreurs dans ses formulaires, elle se trompe dans la date de naissance, le nom, celui de la mère ou du père. Résultat, quand le gouvernement macédonien voit ces papiers, il nous renvoie en Grèce", raconte le réfugié syrien.

Devant cette situation, intenable pour la Grèce, l'Union européenne doit proposer ce mercredi d'allouer une partie de son aide humanitaire aux pays membres confrontés à des arrivées massives de migrants. Le pays estime avoir besoin de près de 500 millions d'euros pour organiser l'accueil de 100.000 réfugiés et gérer la situation à sa frontière avec la Macédoine.

P. P. avec Patrick Sauce (sur place)