BFMTV

Boris Johnson veut construire un pont au dessus de la Manche

Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères

Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères - Ludovic MARIN / AFP

Le ministre britannique des Affaires étrangères juge "ridicule" que la France et le Royaume-Uni ne soient reliés que par "une ligne de chemin de fer".

Si la date de sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union européenne est fixée au 29 mars 2019, les dirigeants britanniques ne souhaitent visiblement pas couper tous les liens avec le continent... Certains semblant même vouloir les renforcer. C’est du moins ce que laisse penser l’idée farfelue avancée par le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson.

En marge du sommet franco-britannique qui s’est tenu à Sundhurst jeudi, cette figure emblématique du Brexit a proposé de construire un pont de 35 kilomètres au-dessus de la Manche pour relier Douvres à Calais. Il deviendrait ainsi le pont le plus grand d’Europe, devant celui de Vasco de Gama au Portugal, long de 17 kilomètres. Un projet auquel Emmanuel Macron ne serait pas hostile puisque le chef de l’État aurait répondu: "I agree. Let’s do it!" ("Je suis d’accord. Faisons-le!").

"Et si le tunnel sous la Manche n'était qu'une première étape?"

Outre-manche, de nombreux quotidiens ont relayé la proposition de Boris Johnson. D’après le Télégraph, l’excentrique ministre britannique estime désormais que le tunnel sous la Manche n’est plus adapté pour relier la France au Royaume-Uni:

"Nous sommes deux des plus grandes économies du monde, reliées par une simple ligne de chemin de fer. C’est ridicule. La technologie évolue tout le temps et on peut construire les ponts de plus en plus longs notamment un de 54km au Japon", aurait-il déclaré devant ses conseillers.

Et le chef du Foreign Office de réaffirmer son idée dans un tweet: "Notre succès économique dépend de bonnes infrastructures et de bonnes liaisons. Et si le tunnel sous la Manche n’était qu’une première étape?", a-t-il écrit.

Interrogé sur la faisabilité du projet ce vendredi matin, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’est montré légèrement embarrassé: "Pourquoi pas ? Toutes les idées, même les plus farfelues, doivent être étudiées », a-t-il affirmé sur Europe 1.

Un projet peu crédible

Reste que la construction d’un tel ouvrage semble aujourd’hui relever davantage de la fantaisie que d’un projet crédible. En effet, si ce type de chantier est techniquement possible (le plus grand pont du monde, en Chine, est long de 164 kilomètres), de nombreux obstacles rendent sa réalisation complexe. À commencer par le coût de l’infrastructure que les deux États auraient bien du mal à assumer.

Autre problème majeur: la mer de la Manche constitue aujourd’hui l’une des voies maritimes commerciales les plus empruntées du monde. Difficile de concilier le trafic incessant des cargos avec la construction d’un pont d’une telle envergure.

Boris Johnson n’en n’est pas à sa première idée saugrenue. Alors qu’il était maire de Londres, il avait défendu bec et ongles un projet, finalement rejeté en 2014, visant à construire un aéroport sur l’estuaire de la Tamise.

P.L