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Royaume-Uni: Boris Johnson appelé à s'excuser après des propos anti burqa

Boris Johnson est un habitué des propos polémiques, et ce depuis de nombreuses années

Boris Johnson est un habitué des propos polémiques, et ce depuis de nombreuses années - Daniel LEAL-OLIVAS / AFP

Les différents dirigeants de son parti lui réclament des excuses pour des propos jugés inadmissibles. S'opposant à son interdiction dans l'espace public, il a toutefois comparé les femmes portant la burqa à des "boîtes à lettres" ou encore à des "cambrioleurs".

Le président du Parti conservateur, Brandon Lewis, a demandé ce mardi à l'ancien ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, de s'excuser pour ses propos envers les musulmanes qui portent la burqa.

Connu pour ses bourdes et déclarations provocantes, l'ancien ministre a plaidé lundi dans le quotidien Daily Telegraph contre l'interdiction du voile intégral dans l'espace public, tout en qualifiant la burqa de "ridicule " et "bizarre". Il a également comparé les femmes qui portent ce voile intégral dissimulant les yeux derrière un tissu à mailles, à des "boîtes aux lettres" ou à des "braqueurs de banque".

Face à l'indignation provoquée, le président du Parti conservateur, Brandon Lewis, a annoncé sur Twitter qu'il avait demandé à Boris Johnson de s'excuser. De son côté, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Alistair Burt, a qualifié d' "offensants" les propos de l'ancien ministre.

Propos calculés politiquement

Pour Sayeeda Warsi, ancienne vice-présidente du parti conservateur, l'ex ministre a agi de manière calculée pour s'attirer le soutien de la droite du parti. "Ce sont des commentaires insultants mais une stratégie intelligente", a-t-elle déclaré, et, selon elle, Boris Johnson mesure "l'effet" et "l'impact" que peuvent avoir ses propos.

Elle ajoute que "c'est littéralement le style bigot de Bannon (ex conseiller du président américain Donald Trump, ndlr) et les tactiques de Trump qui font leur chemin dans la politique britannique".

Des excuses sont le "minimum"

Le Conseil musulman du Royaume-Uni (MCB) a estimé qu'"en choisissant intentionnellement ces mots dans un journal national", Boris Johnson "lèchait les bottes de l'extrême-droite". Des excuses sont le "minimum" mais le parti conservateur doit aussi s'interroger sur l'islamophobie en son sein, estime le Conseil.

Boris Johnson s'est déjà plusieurs fois fait remarquer par des sorties peu diplomatiques, comme en mai 2017 lorsqu'il avait prôné les exportations de whisky vers l'Inde dans l'enceinte d'un temple sikh, religion qui bannit sa consommation.

L.D., avec AFP