BFMTV
Angleterre

"Partygate": nouvelles révélations autour d'une soirée de Johnson durant le confinement, arrosée au Prosecco

Une lumière brille au-dessus de la porte du 10 Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre britannique, dans le centre de Londres, le 31 janvier 2022.

Une lumière brille au-dessus de la porte du 10 Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre britannique, dans le centre de Londres, le 31 janvier 2022. - Niklas HALLE'N / AFP

Cette nouvelle soirée s'ajoute à une série d'événements sociaux ayant eu lieu à la résidence du Premier ministre, alors que les Britanniques étaient appelés à rester confinés chez eux à cause de la pandémie.

Les jours se suivent et se ressemblent de l'autre côté de la Manche. A chaque jour, sa nouvelle révélation dans le "partygate" qui place Boris Johnson dans la tourmente. Un rapport interne sur le scandale des fêtes à la résidence du Premier ministre britannique durant les périodes de confinement a été publié ce lundi et n'arrange pas les affaires du gouvernement.

Ce rapport de la haute fonctionnaire Sue Gray, attendu depuis plusieurs jours, dévoile, en effet, de nouveaux événements sociaux qui n'avaient pas encore été révélés au grand public. En tête de file: une soirée arrosée au Prosecco le 14 janvier 2021, en plein confinement.

Soirée Prosecco

Une semaine plus tôt, le 6 janvier 2021, est décrété le troisième confinement national au Royaume-Uni pour endiguer la flambée de cas de Covid qui touche le pays. Le mois précédant, les célébrations de Noël de millions de Britanniques ont été annulées. Ils ont alors l'ordre de "rester à la maison" et ne sont autorisés à quitter leur domicile que pour des motifs impérieux.

Ainsi, avec ces règles de "niveau 3", impossible de se réunir avec des personnes extérieures à son foyer. Pourtant, au 10 Downing Street, le 14 janvier, un pot de départ pour deux secrétaires du Premier ministre est organisé. Selon des sources de Sue Gray, du Prosecco aurait coulé à flot. Boris Johnson aurait donné un discours et serait resté environ cinq minutes à la soirée.

A la suite de ces révélations, une enquête de police a été ouverte par Scotland Yard. C'est maintenant le sixième rassemblement jugé illégal auquel la police s'intéresse et auquel le Premier ministre est lié, rappelle The Daily Mail. D'autres réunions de ce type durant les confinements, mais sans la présence de Boris Johnson, sont également sous investigation.

Soirée ABBA

Et la tourmente continue puisque que le quotidien britannique rapporte qu'une fête a été organisée dans l'appartement de Boris Johnson par sa compagne le 13 novembre 2020 pour "célébrer le départ de Dominic Cummings". L'ex-conseiller spécial de Boris Johnson venait d’annoncer sa démission, après un long conflit avec le Premier ministre et sa femme. Selon les révélations, les tubes du groupe suédois ABBA ont résonné jusque tard dans la soirée.

Boris Johnson avait précédemment nié qu'une fête pour célébrer le départ de Dominic Cummings ait eu lieu. Toutefois, lors de son déplacement en Ukraine ce mardi, il a finalement refusé d'affirmer s'il était présent à l'appartement cette nuit-là. La présence du Premier ministre reste ainsi à confirmer par la police.

Appels à la démission

Etre pris en flagrant délit de mensonge dans l’enceinte du Parlement constituerait une violation du code ministériel pour Boris Johnson, ce qui l'obligerait très certainement à démissionner. L'opposition a déjà fait savoir qu'elle abondait en ce sens, à l'instar du chef de file du parti travailliste Keir Starmer, qui accuse le Premier ministre d'être un "homme sans vergogne" qui "abîme la démocratie".

Mais les critiques fusent également dans le camp conservateur puisque plusieurs députés ont demandé la mise en place d'un vote de défiance à l'encontre de Boris Johnson.

"Soit il n’a pas lu les règles, soit il ne les a pas comprises ni les autres autour de lui, soit ils pensaient qu’elles ne s’appliquaient pas à lui" a ainsi fustigé l'ex Première ministre Theresa May.

"Des erreurs de leadership et de jugement"

Après avoir nié avoir violé les règles sanitaires dans ce qu'il appelle des "réunions de travail", Boris Johnson a pris la parole à la Chambre ce lundi, quelques heures après la publication du rapport de Sue Gray. S'il a exclu de démissionner, il a néanmoins présenté des excuses et annoncé qu'il allait "remédier" aux problèmes de Downing Street.

"Il y a eu des erreurs de leadership et de jugement à différents endroits de Downing Street et du Cabinet Office", conclut Sue Gray qui dénonce dans son rapport une "consommation excessive d’alcool" dans les couloirs de l’exécutif britannique et réclame que ces dysfonctionnements soient corrigés "immédiatement, sans attendre la fin des enquêtes de police".

Bien que Downing Street ait d'abord refusé de s'engager à publier le rapport complet de Sue Gray lorsque Scotland Yard aura terminé son enquête, le numéro 10 a fait marche arrière et a confirmé que le Premier ministre demanderait à la haute fonctionnaire "de mettre à jour son travail à la lumière de ce qui a été découvert" et s'est engagé à "publier cette mise à jour", explique The Guardian.

Salomé Robles