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Londres: les anciens tunnels de métro deviendront-ils des pistes cyclables?

Vision de ce que pourrait être à Londres le futur réseau de voies piétonnes et de pistes cyclables souterraines, avec récupération de l'énergie cinétique générée par les usagers.

Vision de ce que pourrait être à Londres le futur réseau de voies piétonnes et de pistes cyclables souterraines, avec récupération de l'énergie cinétique générée par les usagers. - Gensler

Transformer certaines portions abandonnées du "tube" londonien en pistes cyclables. L'idée en apparence saugrenue a remporté un prix au concours d'urbanisme des London Planning Awards. Peut-être un moyen traiter en amont les problèmes de transports et d'énergie, auxquels le futur Londres devra faire face.

Faire du neuf avec du vieux, l'idée n'est pas nouvelle. A Londres, le vieux, ce sont ces anciens tunnels de métro désaffectés, portions du fameux "tube" londonien. Le neuf, ce serait de transformer ces axes inutilisés en un double réseau de pistes cyclables et de voies piétonnes souterraines, regroupées sous l'appellation de "London Underline".

Cette lumineuse vision est le fruit du travail de l'agence américaine d'architecture et de design Gensler. Le projet peut apparaît évident... ou naïf, pour le quotidien The Guardian qui se demandait début février s'il était "sérieux". Mais la ville semble pourtant le considérer avec intérêt puisqu'il a remporté la récompense du "meilleur projet conceptuel" aux London Planning Awards, qui récompensent les projets d'urbanisme innovants du futur Londres.

Désengorger en surface, mais pas seulement

Dans la quête de mobilité poursuivie par nombre de capitales mondiales saturées, l'objectif pour Londres serait de désengorger les rues en surface. Mais d'autres idées émergent pour rentabiliser le projet.

Ainsi, le long de ces voies piétonnes et pistes cyclables viendraient se greffer des cafés et des bornes pour réaliser des achats en ligne. Mieux encore, les voies piétonnes pourraient générer de l'électricité grâce à un revêtement capable de récupérer l'énergie cinétique générée par le frottement des pas et des pneus sur le sol.

Gensler insiste sur cette possibilité pour la ville de faire d'une pierre deux coups, puisque Londres devra augmenter de 20% son approvisionnement énergétique d'ici 2025, et de 50% sa capacité de transport.

Quelle faisabilité?

Intéressant sur le papier, ce projet pose la question de sa faisabilité. Le premier obstacle concerne le nombre de tunnels réellement disponibles. En réalité, souligne The Guardian, ils ne sont pas si nombreux. Le quotidien relève l'intérêt d'une portion de la Piccadilly Line qui passe sous Kingsway en partant de la station Holborn Alswych. Une autre artère encore plus longue, comme celle qui relie Green Park à Charing Cross et qui emprunte le tracé de la Jubilee Line avant que ne soit ouverte son extension vers l'est en 1999, a également retenu l'attention des designers. D'autres tronçons pourraient aussi se révéler viables, mais pas de quoi constituer un maillage complet de la ville.

L'accès à ces pistes est aussi un autre obstacle. En l'état actuel du projet, elles seraient accessibles à partir des lignes de métro existantes sans besoin d'accès direct à la surface. Des locations de vélos de types Vélib', surnommées outre-Manche "Boris bikes" (par référence au prénom du maire de la ville) seraient accessibles à chaque extrémité du tronçon. Sans doute pas la formule la plus pratique, à la réflexion, si ces portions cyclables ne sont pas reliées entre elles.

David Namias