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Grande-Bretagne: les premiers mariages homo célébrés

Neil et Andrew se sont mariés samedi dans la nuit, peu après la légalisation du mariage homo en Grande-Bretagne.

Neil et Andrew se sont mariés samedi dans la nuit, peu après la légalisation du mariage homo en Grande-Bretagne. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Cette réforme, qui s'est faite sans remous dans l'opinion publique, vient compléter les droits parentaux dont disposaient déjà les couples homosexuels, comme l'adoption ou la procréation médicalement assistée.

"Oui, je le veux." Voilà les quelques mots qu'ont prononcé de nombreux couples de même sexe aussitôt après minuit samedi au Pays de Galles et en Angleterre, après l'entrée en vigueur d'une "loi d'égalité" très attendue. Cette loi historique légalisant le mariage homosexuel marque la dernière étape d'un long combat pour les défenseurs des droits des homosexuels, un moment qualifié d'"important pour le pays" par le Premier ministre britannique David Cameron.

A Brighton, au sud de l'Angleterre, Neil Allard et Andrew Wale ont été parmi les premiers, dans les minutes après minuit, à se passer la bague au doigt. Vêtus de costumes trois-pièces et de fleurs blanches à la boutonnière, Neil et Andrew, en couple depuis sept ans, se sont étreints et embrassés après être devenus "mari et mari". "Nous sommes très heureux que ce jour soit enfin arrivé", a déclaré Andrew Wale, écrivain et metteur en scène de 49 ans, en photo ci-dessus.

Cette réforme, à laquelle les défenseurs des droits homosexuels sont très attachés, est avant tout symbolique, les couples homosexuels bénéficiant déjà des mêmes droits parentaux que les couples hétérosexuels: ils peuvent adopter, recourir à la procréation médicalement assistée et à une mère porteuse, pourvu qu'elle ne soit pas rémunérée. Ils peuvent également s'unir depuis 2005 dans le cadre d'un partenariat civil.

L'opinion publique majoritairement favorable

"Pour le dire simplement, ça n'aura plus d'importance en Grande-Bretagne si vous êtes hétérosexuel ou homosexuel - l'Etat reconnaîtra votre relation de la même manière", a déclaré le Premier ministre David Cameron au sujet de cette loi.

Contrairement à la France où d'immenses manifestations se sont succédées contre le mariage pour tous, le projet de loi britannique, approuvé en juillet 2013 au Parlement, n'a suscité quasiment aucun remous dans l'opinion publique, majoritairement favorable à la réforme. A Londres, des drapeaux arc-en-ciel flottent sur les bâtiments ministériels.

Un sondage, publié vendredi et réalisé pour BBC Radio 5 auprès de 1.007 Britanniques, montre néanmoins que 22% des sondés refuseraient une invitation à un mariage gay, même si 68% sont favorables à cette réforme. Il suggère également que les femmes (75%) et les jeunes (80% des 18-34 ans) soutiennent davantage le mariage homosexuel que les hommes (61%) et les plus de 65 ans (44%).

Des chefs religieux "réjouis" de cette nouvelle loi

La réforme a déchiré le parti conservateur tandis que l'Eglise anglicane d'Angleterre, majoritaire dans le pays, l'a également contesté. Cependant, l'archevêque de Cantorbéry Justin Welby, chef spirituel des 80 millions d'anglicans dans le monde, a indiqué jeudi que l'Eglise ne mènerait plus campagne contre le mariage de couples de même sexe. "Je pense que l'Eglise a réagi en acceptant totalement l'idée que c'est dorénavant la loi, et doit réagir samedi en continuant à démontrer, dans la parole et les actes, l'amour du Christ pour tous les êtres humains", a-t-il déclaré au journal The Guardian.

L'évêque de Buckingham, plusieurs évêques anglicans à la retraite ainsi que plusieurs rabbins se sont également "réjouis qu'à partir de demain, les couples de même sexe puissent se marier en Angleterre et au Pays de Galles", dans une lettre ouverte.

Le mariage homosexuel est légal dans 14 autres pays, et en partie seulement dans certains pays comme les Etats-Unis, où 16 Etats l'autorisent. "Ensemble, nous avons fait de notre pays un endroit où nous célébrons l'amour, qu'il soit homo ou hétéro", s'est félicité Nick Clegg, le numéro 2 du gouvernement, appelant chacun "à lever son verre".

A. G. avec AFP