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Polémique en Allemagne sur une exposition au Louvre

Le Louvre est visé par une polémique sur son exposition consacrée à l'art allemand.

Le Louvre est visé par une polémique sur son exposition consacrée à l'art allemand. - -

L'exposition sur l'art allemand est vivement critiquée par deux journaux, qui lui reprochent une vision réductrice, établissant un lien direct avec le national-socialisme. Le Louvre rejette ces accusations.

"Un scandale politico-culturel". L'hebdomadaire allemand Die Zeit ne mâche pas ses mots pour qualifier l'exposition "De l'Allemagne (1800-1939). De Friedrich à Beckmann". Inaugurée par Jean-Marc Ayrault et le ministre de la Culture allemand, c'est l'une des plus importantes manifestations culturelles que la France consacre à son voisin.

"L'art allemand a-t-il été toujours programmé pour la catastrophe et la guerre?", s'interroge le journal généralement classé à gauche, qui suggère que c'est le parti-pris des commissaires de l'exposition.

Le Louvre "a bricolé sa propre histoire de l'Allemagne, et cette histoire confirme tous les clichés du voisin sombre et romantico-dangereux", renchérit à son tour la Frankfurter allgemeine Zeitung (FAZ). Le quotidien conservateur souligne que l'exposition se termine par un extrait du film Les dieux du stade de Leni Riefenstahl, mais évoque à peine le mouvement architectural du Bauhaus ou les expressionnistes du Blaue Reiter.

Le Louvre "surpris et peiné"

"Le national-socialisme, par lequel se termine l'exposition, apparaît comme un destin inéluctable perceptible à titre prémonitoire dans l'art, et non comme une évolution politique à côté de laquelle il a existé d'autres options", analyse encore la FAZ.

Ces accusations ont fortement mécontenté le musée. Le Louvre "est surpris et profondément peiné par cette réception extrêmement polémique" de son exposition, a écrit Henri Loyrette, président-directeur sortant du Louvre, dans une lettre adressée à Die Zeit le 11 avril.

"Les accusations visant à faire croire aux lecteurs allemands que le Louvre a cherché à donner une 'vision sinistre' de l'Allemagne sont totalement infondées. Nous n'avons eu d'autre ambition que de faire découvrir au public français la richesse, la diversité et l'inventivité de la peinture allemande de 1800-1939", assure Henri Loyrette.

Dans "un esprit de coopération culturelle", le Louvre avait tenu à associer une institution allemande à Paris, le Centre allemand d'histoire de l'art.