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Etats-Unis: le futur président Donald Trump ne s'assagit pas sur Twitter

Donald Trump, le 10 novembre 2016.

Donald Trump, le 10 novembre 2016. - Yuri Gripas - AFP

Le 45e président des Etats-Unis à compter du 20 janvier prochain est connu pour son utilisation offensive de Twitter. Le réseau social est son moyen de communication privilégié en même temps qu'une arme politique.

Donald Trump sur Twitter, c’est d’abord un langage: "pathetic", "shame", "so sad" (c’est-à-dire, en français et dans l’ordre, "pathétique", "honteux", "si triste") reviennent très régulièrement dans ses communications. Non seulement la presse n’est pas la meilleure amie de Donald Trump mais le canal de communication qu’il privilégie est bien le réseau social où il continue d’écrire très librement.

Donald Trump préfère Twitter aux médias... et aime encore mieux utiliser Twitter contre les médias

Alors que les présidents élus américains ont coutume de convoquer, peu après leur victoire, une grande conférence de presse, lui a décidé d’attendre jusqu’au 15 décembre pour en faire autant. Il est prévu qu’à cette date il explique les modalités de son départ de son empire immobilier et la manière dont il entend cloisonner son passé d’homme d’affaires et sa nouvelle fonction de président des Etats-Unis.

Si ses relations aux médias importent moins à ses yeux que l’alimentation de son compte Twitter, on ne peut cependant pas dire que Donald Trump les délaisse. Le milliardaire évoque souvent journaux, radios, chaînes de télé sur sa session…pour en dire le plus grand mal. A titre d’exemple, une autre expression est récurrente dans ses tweets. Quand il évoque un article peu favorable du New York Times portant sur sa personne ou ses affaires, celui qui deviendra le président des Etats-Unis le 20 janvier prochain ne peut s’empêcher d’inclure dans son message l’adjectif: "failing" (qui, dans le contexte, signifie "raté" ou "bidon").

Le New York Times est loin d’être le seul ciblé par la verve trumpienne. Récemment, le futur président s’est emporté contre la chaîne d’informations CNN dont il a peu apprécié le traitement durant la campagne: "Je croyais que CNN ferait des progrès après qu’ils ont si lamentablement échoué dans leur soutien à Hillary Clinton, cependant, depuis l’élection, ils sont encore plus mauvais!", écrit-il dans le message ci-dessous. Cette fois-ci, il s’agissait de réagir à un reportage du média où il était dit qu’aucune preuve d’enregistrements de votes illégaux n’avait pu être repérée en Californie, en Virginie et dans le New Hampshire, contrairement à ce qu’il avait déclaré peu auparavant.

Trois recours, douze tweets

Car, pour Donald Trump, Twitter est une fabrique à répliques médiatiques, doublée d’une arme politique. Il avait formulé ces accusations de fraudes électorales en réponse aux recours déposés par Jill Stein, candidate écologiste malheureuse à la présidentielle, dans le Wisconsin, en Pennsylvanie et dans le Michigan.

Cette démarche, soutenue par les démocrates, vise à obtenir les recomptages des suffrages dans ces Etats où des experts ont fait part de soupçons de fraudes informatiques dans les votes. L’initiative a déclenché la colère de Donald Trump, et l’écriture d’une douzaine de tweets où il s’en prend à Hillary Clinton, lui reprochant de ne pas respecter le résultat des urnes. Il y assure aussi qu’il n’a perdu le vote populaire qu’en raison de "millions de votes illégaux", sans étayer son accusation.

Un cas unique dans l'histoire récente de la politique

La présidence des Etats-Unis dispose d’un compte officiel, le fameux @POTUS, les initiales pour "president of the Unites States". Les identifiants seront remis à Donald Trump au moment de son intronisation comme chef de l’Etat mais ce dernier souhaite aussi garder sa session personnelle.

Ce fil risque d’avoir une tournure inhabituelle comparé aux stratégies de communication généralement mises en place sur les réseaux sociaux par les chancelleries et les résidences des exécutifs internationaux. Parfaitement conscient de l’usage détonant de Twitter par leur patron, le 7 novembre, à la veille de son élection, ses collaborateurs s’étaient d'ailleurs arrangés pour qu’il ne puisse pas s’y connecter personnellement. Leurs nerfs seront mis à rude épreuve pendant les quatre années à venir. 

Robin Verner