BFMTV

Espagne: Mariano Rajoy va pouvoir former son gouvernement

Mariano Rajoy, le 31 août 2016.

Mariano Rajoy, le 31 août 2016. - Pierre-Philippe Marcou - AFP

Le PSOE (Parti socialiste espagnol) vient de décider de s'abstenir lors du vote de confiance à l'exécutif qui se tiendra au parlement dans une semaine. Mariano Rajoy pourra donc former son gouvernement conservateur. C'est la fin de l'incertitude au coeur des institutions espagnoles.

Cela clôt (peut-être) la vaste période de tergiversations qui neutralise la scène politique espagnole depuis de longs mois. Les délégués du comité fédéral du PSOE (parti socialiste ouvrier espagnol, centre-gauche) réuni ce dimanche à Madrid ont décidé à la majorité de 139 contre 96 de s'abstenir lors du vote de confiance pour permettre à Mariano Rajoy, au pouvoir depuis fin 2011, de former le prochain gouvernement, minoritaire cette fois. 

Le PSOE évite ainsi aux Espagnols de retourner aux urnes pour la troisième fois en un an. Mais le vote tient surtout du calcul partisan. Fracturé et battu en brèche par le nouveau parti antiaustérité Podemos, le PSOE craignait de subir une nouvelle déroute, après les défaites essuyées lors des scrutins de décembre 2015 et juin 2016. 

Pour le PSOE, c'est la fin d'un long conflit interne

La question n'a jamais paru évidente cependant au sein de ce mouvement social-démocrate. Il y a quelques semaines, Pedro Sanchez, alors secrétaire général du parti, devait démissionner. Il refusait catégoriquement de laisser le conservateur Mariano Rajoy se maintenir au pouvoir, après un premier mandat marqué par les scandales de corruption et les inégalités croissantes.

Le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy avait remporté les deux dernières élections générales, mais sans majorité absolue et sans alliés. Pour former un gouvernement minoritaire, il a besoin que les députés socialistes votent la question de confiance ou au moins s'abstiennent. Le comité fédéral n'a pas décidé si le jour du vote décisif, le 29 ou le 30 octobre, les députés du PSOE s'abstiendront en bloc, ou seulement 11 d'entre eux, le minimum requis pour laisser la voie libre à Mariano Rajoy.

Un gouvernement très faible

En tout cas, ce dernier devrait très probablement obtenir la confiance de la chambre avant la fin du mois et l'Espagne retrouver un gouvernement en novembre après plus de 300 jours d'intérim. 

Ce sera donc un gouvernement faible, appuyé par 137 députés sur 350, qui devra guider le pays à la sortie d'une crise économique dévastatrice, avec un taux de chômage de 20%. Et les difficultés seront aussi politiques pour l'équipe au pouvoir. Les socialistes, ainsi que Podemos et les libéraux de Ciudadanos, les deux nouveaux partis qui ont bouleversé les équilibres au parlement, sont en effet décidés à mener la vie dure aux conservateurs.

R.V. avec AFP