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Espagne: cinq ex-banquiers envoyés en prison pour détournements

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- - Un agence CaixaNova à Pontevedra en Espagne - Illustration Manuel Quiroga Flickr

La justice espagnole a ordonné l'incarcération de cinq ex-banquiers de NovaCaixaGalicia accusés de détournements de fonds.

La justice a ordonné l'incarcération de cinq ex-banquiers espagnols condamnés pour des détournements de fonds, les premiers qui partiront en prison pour les malversations et la mauvaise gestion ayant précédé le sauvetage public des banques du pays en 2012.

En pleine crise économique, en 2010, ces anciens dirigeants de NovaCaixaGalicia (NCG) dans la région de Galice (nord-ouest) s'étaient notamment attribués des indemnités de départ représentant au total près de 19 millions d'euros, juste avant d'abandonner leur poste. 

Condamnés en décembre 2015 pour ces "détournements de fonds", ces cinq hommes aujourd'hui âgés de 59 à 85 ans font par ailleurs l'objet de poursuites judiciaires dans d'autres affaires en cours d'instruction.

Leurs défenseurs avaient sollicité une suspension de peine car, en Espagne, les peines égales ou inférieures à deux ans ne sont généralement exécutées qu'en cas d'antécédents judiciaires.

Aucune indulgence

Mais un haut tribunal siégeant à Madrid, l'Audience nationale, a estimé lundi que les condamnés ne méritaient aucune indulgence, dans une décision au ton sévère.

"La gravité du délit au regard de son impact macroéconomique justifie le placement en détention des cinq condamnés, d'autant que leurs peines ont été considérées comme clémentes par le Tribunal suprême", a tranché la chambre de l'Audience nationale concernée, remarquant par ailleurs qu'ils n'avaient pas payé les sommes réclamées au titre de la responsabilité civile.

"Ces individus administraient une Caisse d'épargne qui a dû faire l'objet d'un sauvetage par l'Etat", a souligné la justice.

9 milliards d'euros d'aides

A partir de 2011, pour éviter sa faillite, NCG avait dû être nationalisée tout comme trois autres banques - Bankia, Catalunya Banc et Banco de Valencia - ce qui avait entraîné un plan d'aide européen au secteur bancaire espagnol de 41,3 milliards d'euros en 2012.

NGV avait reçu 9 milliards d'euros d'aides. Et en 2013, l'Espagne l'avait vendue à la banque vénézuélienne Banesco pour 1 milliard.

Née en 2010 de la fusion de deux caisses de Galice, NCG avait par ailleurs fait partie des banques qui, en mal de liquidités, avaient vendu des titres à haut risque à des particuliers mal informés, dont beaucoup s'étaient retrouvés ruinés.