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Erdogan accuse Macron de "colonialisme" et de "spectacle" au Liban

Recep Tayyip Erdogan à Tunis, le 6 juin 2013.

Recep Tayyip Erdogan à Tunis, le 6 juin 2013. - -

Le chef d'Etat turc qualifie la récente visite de Macron à Beyrouth de "spectacle", dans un contexte de tensions croissantes entre Ankara et Paris.

Les tensions grandissent en Médirannée. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi son homologue français Emmanuel Macron de visées "coloniales" au Liban. Et il qualifie sa récente visite à Beyrouth de "spectacle".

"Ce que Macron et compagnie veulent, c'est rétablir l'ordre colonial (au Liban)", a lancé Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Ankara.

"Nous, ce n'est pas courir après les photos ou faire le spectacle devant les caméras qui nous intéresse", a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat turc faisait référence au déplacement très médiatisé d'Emmanuel Macron à Beyrouth la semaine dernière, après une explosion qui, le 4 août, a fait 171 morts et plus de 6.500 blessés et ravagé la capitale libanaise.

Si le président turc ne s'est pas personnellement rendu à Beyrouth, il y a dépêché son vice-président et son chef de la diplomatie la semaine dernière.

Le Liban a été sous mandat français de 1920 à son indépendance en 1943. Avant cela, il a été sous domination ottomane pendant quatre siècles.

La presse accuse la France de "chercher la guerre"

Les attaques virulentes de Recep Tayyip Erdogan interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre la Turquie et la France, liées notamment à des intérêts divergents en Libye et en Méditerranée orientale.

Les recherches turques d'hydrocarbures dans cette zone maritime ont suscité la colère de la Grèce et de l'Union européenne.Soutenant Athènes, Paris a dénoncé les actions "unilatérales" d'Ankara et annoncé jeudi avoir temporairement renforcé sa présence militaire Méditerranée orientale avec le déploiement de deux avions et deux navires de guerre.

La presse progouvernementale turque a accueilli cette nouvelle avec indignation, accusant la France de "dépasser les bornes" et de "chercher la guerre".

Par IV avec AFP